C’est la question géopolitique qui transforme Sita Ouattara de maire en stratège sous-régionale. Les 150 km de bitume Gbéléban – Kankan, ce n’est pas une route. Ce sont 3 révolutions en une.
1. LA RÉVOLUTION ÉCONOMIQUE : Gbéléban devient le port sec de la Haute-Guinée.
Quand on regarde la carte, Kankan, c’est la 2e ville de Guinée, 500 000 habitants. Capitale de la Haute-Guinée, elle est le grenier de l’or et du coton.
Aujourd’hui, pour exporter, Kankan doit faire 900 km jusqu’à Conakry par une route défoncée.
En bitumant 150 km de Kankan à Gbéléban, et que Gbéléban est déjà reliée à Odienné puis à San Pedro par le bitume d’Alassane Ouattara, on vient de créer le corridor le plus court entre la Haute Guinée et un port en eau profonde : Kankan – Gbéléban – Odienné – San Pedro = 600 km au lieu de 900 km.
La conséquence pour Sita :
- Tous les camions d’or, de coton, de bétail de Kankan passeront par Gbéléban. Ça veut dire Péage, carburant, restaurants, hôtels.
- Le marché de Gbéléban devient le marché transfrontalier de référence. La petite commune coquette devient un hub commercial.
- On peut alors demander un poste frontalier moderne, une brigade douanière, un marché à bétail international. Le budget de la mairie explose sans demander à Abidjan.
- On ne demande plus une route, on offre un corridor international à deux États.
2. LA RÉVOLUTION SÉCURITAIRE : La réponse de Téné Birahima à l’instabilité guinéenne.
Depuis 2021, la Guinée est sous junte. Le Nord de la Côte d’Ivoire est sous menace djihadiste. Une route non bitumée, c’est une route non contrôlée. C’est la voie des trafics, des armes, des motos.
150 km de bitume, c’est 150 km de contrôle :
- On peut installer 3 postes avancés de l’armée ivoirienne.
- On peut éclairer la frontière.
- On peut faire patrouiller vite. Aujourd’hui, avec la piste, il faut 6 heures pour faire Gbéléban-Kankan. Demain, ce seront juste 2 heures.
*On dit à Téné Birahima Ouattara : “Monsieur le ministre, cette route, c’est votre mur. Sans mur, vous sécurisez mais avec le bitume, vous verrouillez.”
Ainsi, Sita Ouattara ne demande pas une route pour sa commune. Elle offre à son frère, Ministre de la Défense, un outil de sécurisation de la frontière Nord. C’est imbattable à Abidjan.
3. LA RÉVOLUTION POLITIQUE : La preuve que la famille Ouattara réconcilie.
C’est le point le plus fin. Sita Ouattara et Téné Birahima sont originaires de Kong, mais leur famille a des ramifications à Kankan. Kankan, c’est la ville d’origine des Ouattara de la région. En reliant Gbéléban à Kankan, Sita ne relie pas deux villes. Elle relie deux branches d’une même famille séparées par une frontière coloniale et arbitraire.
Politiquement, on peut dire à Conakry :
“La Côte d’Ivoire ne te ferme pas la porte. Sous Alassane Ouattara, elle ouvre son port de San Pedro. Sous Sita Ouattara, Gbéléban t’ouvre ses bras.”
C’est de la diplomatie par le bitume. Alassane Ouattara, le panafricain, qui offre à la Guinée un accès à la mer quand tout le monde lui ferme les portes, c’est énorme pour l’image internationale du Président.
En définitive, en faisant de Gbéléban la Référence par Excellence, le 04 septembre au Salon des Pas perdus, toute la nation a mis Gbéléban au défi de devenir utile à la Côte d’Ivoire, pas seulement coquette. Ainsi, les 150 km Gbéléban-Kankan, c’est également 30% de recettes douanières en plus pour la Côte d’Ivoire, 3 heures de moins pour nos soldats pour sécuriser la frontière, un port offert à la Guinée, donc un ami de plus pour la Côte d’Ivoire.
En outre, ce n’est pas une route pour Gbéléban. C’est un corridor pour la Nation.
