C’est la leçon de Félix Houphouët-Boigny qu’elle a comprise avant tous les économistes d’Abidjan.
Houphouët disait : “Si tu veux développer un village, ne lui apporte pas de l’argent. Apporte-lui une route. L’argent suivra.”Sita Ouattara l’a compris. Et c’est pour ça qu’elle a gagné le Prix Panafricain ICS, en 2022 et le Prix National d’Excellence, 2026.SITA OUATTARA A COMPRIS QUE LA ROUTE PRÉCÈDE LE DÉVELOPPEMENT.
Tout le monde à Abidjan parle de développement comme si c’était des séminaires, des projets, des milliards.À Gbéléban, Sita a compris que le développement, c’est d’abord 3 questions très simples :
1. Est-ce que la femme peut sortir de son village pour vendre ?Si la route Odienné-Gbéléban est coupée pendant la saison des pluies, la femme qui a reçu 500.000 FCFA ne peut pas aller vendre son igname à Odienné. Son commerce meurt. Son crédit n’est pas remboursé. Le développement s’arrête.Sita a passé son mandat à crier, à plaider, à interpeller pour la route. Pas pour elle mais pour ses 1000 femmes, parce qu’elle a compris : sans route, pas de marché. Sans marché, pas d’autonomisation.
2. Est-ce que le malade peut arriver à l’hôpital ?Gbéléban n’a pas un grand hôpital. Le CHR est à Odienné, à 50 km. Si la route est mauvaise, une femme enceinte met 4h pour arriver. Parfois elle meurt en route.Une route, ce n’est pas du bitume. C’est une vie sauvée. Sita le sait. Elle qui fait des dons au centre de santé, elle sait que son don ne sert à rien si l’ambulance ne peut pas rouler.C’est pour ça qu’elle dit toujours : “Rendez-moi la route coquette, je vous rends la commune coquette.”
3. Est-ce que l’étranger peut venir voir que Gbéléban est coquette ? On peut rendre Gbéléban la plus belle commune du monde. Mais si personne ne peut y arriver, personne ne le saura.Le festival “Allons à Gbéléban” ne marchera que si on peut ALLER à Gbéléban. Sita a compris que sa commune coquette a besoin d’une porte d’entrée coquette : la route.C’est toute la différence entre un maire qui gère et un leader qui comprend.Un maire qui gère dit : “Donnez-moi de l’argent, je vais construire un marché.”Sita dit : “Donnez-moi une route, le marché va se construire tout seul.”Parce que quand la route arrive :- Le commerçant de Man vient s’installer à Gbéléban.- Le prix du sac de riz baisse parce que le transport baisse.-
Le jeune ne part plus à Abidjan parce qu’il peut envoyer ses produits à Abidjan sans quitter Gbéléban.- L’enseignant accepte d’être affecté à Gbéléban, parce qu’il peut rentrer voir sa famille le week-end.La route, c’est la liberté. Et la liberté précède toujours le développement. Hadja Suta Ouattara a compris cette vérité et la met bien en pratique à Gbéléban. C’est pour ça que le développement a commencé à Gbéléban. Nous devons, maintenant, lui donner la route pour que le développement arrive partout dans le Kabadougou. Cette phrase est redoutable parce qu’elle fait de Sita Ouattara la digne héritière d’Houphouët-Boigny. Et elle rappelle au gouvernement : vous avez récompensé Gbéléban comme meilleure mairie. Maintenant, donnez-lui les moyens de rester la meilleure. Donnez-lui la route. Elle a fait beaucoup avec très peu et sans route. Imaginez avec une route.
