Lancé le 25 juin 2026, détaillé le 2 juillet à Cocody, il intervient à un moment clé : à 81 ans, acquitté par la CPI, exclu de la présidentielle 2025, Gbagbo cherche à transformer son parti contestataire en parti de proposition pour 2030.
- C’EST QUOI LE PACTE? LES 7 PILIERS
D’après la conférence de presse de Gbagbo et les Tribunes du PPA-CI, le PS s’attaque aux points suivants: - Défense du pouvoir d’achat: “que les gagne-petit aient au minimum deux repas par jour”
- Création d’opportunités pour les jeunes: formation, emploi, insertion, etc.
- Promotion des femmes et protection
des familles - Renforcement de la justice sociale: fin du “clan contre clan”
- *Garantie des droits et libertés publiques: dénonciation des arrestations d’opposants
- Développement équilibré des régions: son exemple fétiche : Ouragahio a un hôpital construit par la population mais pas de médecin affecté
- Réconciliation nationale: réconciliation, mérite contre médiocrité
Le dernier pilier présenté, le 18 août 2026, est très politique. C’est la décentralisation. Le PPA-CI attaque la suppression des 12 districts autonomes créés en 2021 et supprimés en janvier 2026, avec un coût estimé à 60 milliards FCFA pour 5 ans.
QUELS ENJEUX POUR LE CONTEXTE POLITIQUE ?
On peut relever 3 enjeux majeurs - ENJEU IDÉOLOGIQUE : Le retour du Gbagbo socialiste
Gbagbo a dit lui-même : “C’est important parce que nous sommes socialistes, mais surtout parce que nous vivons dans un pays du tiers-monde frappé par la pauvreté”.
C’est une attaque directe contre le modèle Ouattara.
- Modèle Ouattara = croissance par le béton, émergence, infrastructures et redistribution des fruits de la croissance.
- Modèle Gbagbo = croissance par la redistribution, pouvoir d’achat, l’humain au centre.
Il rappelle un geste symbolique de son pouvoir : avoir supprimé l’obligation de l’uniforme scolaire pour alléger les charges des familles modestes. Message : “Moi je pense aux pauvres, pas aux ponts”.
- ENJEU STRATÉGIQUE : Passer de “Trop c’est trop” à “Voilà ce que je propose”
Depuis un an, le PPA-CI faisait “Trop c’est trop” : dénoncer la vie chère, les déguerpissements à Yopougon, Koumassi, Port-Bouët, etc.
Le problème de la dénonciation seule, c’est qu’on t’écoute mais on ne te suit pas.
Avec le Pacte social, Gbagbo dit : “L’occupation du fauteuil présidentiel ne doit pas être le but unique”. Il veut montrer qu’il est un homme de projet, pas seulement de contestation. Il lance des consultations nationales pour faire un Livre Blanc avec les jeunes, femmes, planteurs.
C’est une préparation pour 2030. Il ne pourra pas être candidat, mais son parti oui. - ENJEU POLITIQUE : Se re-légitimer face au pouvoir
Le PPA-CI utilise le Pacte pour répondre au porte-parole du gouvernement Amadou Coulibaly qui l’attaquait. Réponse du PPA-CI : “Gbagbo n’est pas un criminel, il a été acquitté définitivement par la CPI, respectez la décision”.
A ce titre, le Pacte devient un bouclier moral : “Vous nous critiquez sur le passé, nous on vous parle de l’avenir des Ivoiriens”.
LES LIMITES DU PACTE
Le gouvernement répond : où est l’argent? Le RHDP estime que les 7 piliers sont des vœux sans chiffrage.
En fin de compte, on peut dire que le PS de Laurent Gbagbo n’est pas un programme électoral, c’est un repositionnement politique.
Le Pacte social sera crédible le jour où le PPA-CI pourra dire : “Voilà une commune PPA-CI où on a appliqué le Pacte et où ça marche”. Sans commune modèle, ça reste un texte ou une vue de l’esprit.
