APRÈS LE PRIX NATIONAL DE L’EXCELLENCE, QUEL EST LE PROCHAIN DÉFI POUR HADJA SITA OUATTARA ?

Suite à la réception du Prix National d’excellence qui est un succès majeur dans la mandature de Sita Ouattara, on pourrait se dire qu’elle devrait se reposer sur ses lauriers. Mais non!
Comme elle a eu à le relever une fois, ce prix est le début d’une nouvelle ère pour Gbéléban.
A cet effet, le prochain défi serait de pouvoir, non seulement, répliquer mais perpétuer ce qu’il est aujourd’hui convenu d’appeler le “Modèle de Gbéléban” au-delà des frontières de cette commune.
En d’autres termes, elle devra surtout faire en sorte que Gbéléban survive sans elle, et qu’elle survive sans Gbéléban, c’est ça le vrai défi. Et il y en a 3.


DÉFI 1 : TRANSFORMER GBÉLÉBAN DE “PROJET D’UNE FEMME” EN “MODÈLE D’UN ÉTAT”
Aujourd’hui, Gbéléban la coquette, c’est Sita Ouattara et Sita Ouattara, c’est Gbéléban.

  • Sita a cherché les investisseurs.
  • Sita a distribué les fonds du FAFCI.
  • Sita a suivi le chantier du bitume.
    Si demain Sita est nommée Ministre, ou si elle a un empêchement, est-ce que Gbéléban va s’arrêter?
    Son prochain défi, ce n’est pas de construire un autre bâtiment, c’est plutôt de construire une administration qui tourne sans elle.
    En clair,
  • Un secrétaire général de Mairie fort
  • Un budget local qui génère ses propres recettes (marché, gare, hôtel, etc.)
  • Une équipe de jeunes cadres Gbélébanais formés par elle
    La leçon à tirer est qu’u
    n leader qui construit des bâtiments est un bon Maire. Mais un leader qui construit des leaders qui construiront après lui est un homme d’État.
    Elle doit passer de Maire-bâtisseuse à Maire-formatrice. C’est le passage le plus dur. C’est là où 90% des bons Maires échouent.

DÉFI 2 : PASSER DE 100% LOCAL À UNE LÉGITIMITÉ NATIONALE

100% de suffrages à Gbéléban, c’est historique. Mais à Abidjan, 90% des gens ne savent pas placer Gbéléban sur une carte.
Pour peser nationalement, Sita Ouattara doit répondre à une question que tout le monde se pose en silence : “Est-ce que le Modèle Gbéléban est reproductible à Daloa, à Korhogo, à Abobo?”
Son prochain défi, c’est de prendre 3 communes pauvres, hors Kabadougou, et d’aller y appliquer sa méthode : écoute, FAFCI, bitume, écoles, centres de santé, réceptif hôtelier, logements sociaux, gare routière, abattoir, etc.
Si elle réussit, elle ne sera plus “la Maire de Gbéléban”. Elle devient “la femme qui sait développer une commune pauvre”. Et ça, c’est un ticket direct pour le gouvernement. Alors que si elle reste uniquement à Gbéléban, on dira : “C’est normal, c’est sa famille là-bas”.


DÉFI 3 : LE DÉFI LE PLUS DANGEREUX : GÉRER SON PROPRE SUCCÈS

C’est paradoxal, mais son plus grand ennemi aujourd’hui, ce n’est pas l’opposition. C’est son Prix d’Excellence.
En effet, depuis qu’elle a obtenu le Prix National d’excellence, tout le monde attend 10 fois plus d’elle.
Avant, si elle faisait 2 km de bitume, on applaudissait. Désormais, si elle fait 2 km, on dira: “c’est tout?”
Elle est entrée dans la cour des “potentiels Ministres”. Dans cette cour, on ne te pardonne rien. Chaque mot est disséqué. Chaque photo est analysée.
Alors, son défi, c’est de “garder sa discrétion à la Masseré Touré” tout en ayant les résultats de Sita Ouattara.
Cela veut implicitement dire qu’elle n’apparaîtra pas trop sur les plateaux de télévision. Elle ne répondra pas aux polémiques et de continuer à résider à Gbéléban même si on l’invite à tous les galas à Abidjan.
Celle qui a gagné avec le silence ne doit pas perdre avec le bruit.
Finalement, ce qui est perçu comme défis de la part de l’opinion ne sont que des stratégies que Sita Ouattara a toujours utilisées depuis 2013 qu’elle a décidé de se lancer dans la politique.
Alors, la question n’est plus “Quel est son prochain défi?”
La question est: “Quel ministère confier à celle qui a réussi là où l’État avait échoué pendant presque 60 ans?”*
Et à ce moment-là, Gbéléban n’aura plus une Maire, c’est la Côte d’Ivoire qui aura un modèle.