Abidjan, le 21 août 2026 — Pour stopper le pillage de l’or ivoirien, le parti de Charles Blé Goudé réclame une thérapie de choc : la création d’un ministère dédié. Si l’intention est louable face aux limites de l’offensive militaire actuelle à Saïoua ou Odienné, le remède proposé ignore les réalités de notre histoire politique. En Côte d’Ivoire, l’inflation bureaucratique n’a jamais résolu une crise.
L’expérience parle d’elle-même. Le ministère de la Riziculture, censé nous apporter l’autosuffisance, a sombré dans l’oubli sans aucun résultat. Le ministère de la Bonne Gouvernance n’a jamais freiné la corruption, faute de pouvoir judiciaire réel. Plus récemment, les postes de ministres-gouverneurs à l’intérieur du pays ont dû être supprimés fin 2023 pour stopper le gaspillage des deniers publics et les conflits de compétences avec les préfets.
Un ministre de l’orpaillage subirait le même sort. Sans commandement sur la gendarmerie et sans contrôle sur l’octroi des permis miniers, cette structure serait une coquille vide. L’argent public doit financer des drones de surveillance et des alternatives agricoles pour la jeunesse, et non des cabinets ministériels ni des véhicules de fonction.
Pour briser la mafia de l’or, l’État n’a pas besoin d’un ministre de plus, mais d’une autorité transversale forte rattachée directement à la Présidence. Le COJEP ouvre un débat utile, mais sa réponse administrative est une fausse piste.
Soro fougnigue zakaria
Analyste politique
