La guerre contre l’affichage sauvage est lancée
Le gouvernement ivoirien a lancé un ultimatum de 15 jours pour démanteler tous les supports publicitaires irréguliers à Abidjan. D’ici le 4 septembre 2026, les bâches, enseignes anarchiques et panneaux non homologués devront avoir disparu du paysage urbain, sous peine de sanctions financières et de saisies. Entre promesse de modernisation et grogne économique, la capitale économique ivoirienne retient son souffle.
Un coup de balai ministériel contre l’anarchie visuelle
C’est un communiqué conjoint d’une fermeté rare qui a mis le feu aux poudres le 18 août dernier. Co-signé par les ministères de la Communication, de l’Intérieur, et de l’Urbanisme, le texte officiel ne laisse aucune place à l’ambiguïté : le District autonome d’Abidjan doit être épuré de sa pollution visuelle.
Sur les grands axes comme le boulevard Valéry Giscard d’Estaing (VGE) ou dans les ruelles des communes populaires, les structures métalliques rouillées, les bâches publicitaires installées à la sauvette et les enseignes de fortune sur les toitures sont directement visées. Passé le délai fatidique du 4 septembre, la Brigade de la Communication Publicitaire entrera en action pour un démantèlement forcé. La facture de l’opération sera intégralement adressée aux contrevenants.
Entre soulagement citoyen et détresse des petits commerçants
Sur le terrain, cette mesure suscite des réactions contrastées au sein de la population abidjanaise.
Du côté des riverains, notamment dans les quartiers résidentiels comme Marcory Zone 4, le soulagement domine. Beaucoup saluent une initiative nécessaire pour la sécurité, certains panneaux menaçant de s’effondrer lors des fortes intempéries et pour l’esthétique d’une métropole en pleine croissance.
Du côté des acteurs économiques, en revanche, le compte à rebours est synonyme d’angoisse. Au marché d’Adjamé ou à Yopougon, de nombreux petits commerçants et artisans craignent de perdre leur visibilité auprès des clients. Beaucoup dénoncent le coût financier soudain que représente la mise aux normes de leurs enseignes, une dépense non planifiée dans leur budget.
Les professionnels du secteur de l’imprimerie et de la publicité locale prévoient, eux aussi, une période de fortes turbulences, anticipant une baisse immédiate de leur chiffre d’affaires sur les supports souples au profit des grandes régies publicitaires agréées, seules capables de fournir des panneaux métalliques homologués.
Le défi de la pérennité
Ce n’est pas la première fois qu’Abidjan tente de s’attaquer au désordre urbain. Le grand défi des autorités consistera à assurer le suivi de cette opération à long terme. Dans les mairies, à l’instar de Cocody, les agents sont déjà déployés pour recenser les infractions et appliquer la directive à la lettre.
Reste à savoir si, au matin du 5 septembre, Abidjan arborera un nouveau visage durablement ordonné, ou si l’affichage sauvage parviendra, comme souvent par le passé, à se réinstaller dans l’ombre.
Soro fougnigue zakaria
