À Abidjan, la diplomatie touristique ivoirienne revendique 8,7 % du PIB

En présentant le bilan de Sublime Côte d’Ivoire le 21 juillet, le ministère du Tourisme a chiffré à 8,7 % la part du secteur dans le PIB et revendiqué le tourisme comme instrument de soft power et de diplomatie économique.

Le 21 juillet 2026 à Abidjan, lors de la tribune d’échanges gouvernementale « Tout savoir sur » organisée par le Centre d’Information et de communication gouvernementale (CICG), Christian Bohouman, directeur de la communication et de la documentation au ministère du Tourisme et des Loisirs, a présenté le bilan du plan national « Sublime Côte d’Ivoire » en soulignant que le tourisme pèse désormais 8,7 % du produit intérieur brut ivoirien.

Selon le responsable du ministère, la stratégie déployée depuis plusieurs années fait du tourisme un pilier assumé de diplomatie d’influence, au-delà de sa contribution macroéconomique. La présentation du bilan devant une tribune publique du CICG traduit la volonté de positionner la politique touristique comme un choix de puissance douce au service du rayonnement du pays.

Le ministère du Tourisme et des Loisirs met en avant le programme « Sublime Côte d’Ivoire » comme cadre principal de cette montée en puissance, en insistant sur les investissements engagés dans les infrastructures et sur la diversification de l’offre de loisirs et de culture. Christian Bohouman présente le tourisme comme un instrument central de soft power qui doit permettre à la Côte d’Ivoire de consolider son image et d’alimenter durablement la croissance, l’emploi et l’influence internationale.

Pour illustrer la logique d’influence recherchée, le ministère a pris l’exemple de la visite à Abidjan, du 15 au 18 juillet 2026, d’une délégation de l’Olympique de Marseille, qualifiée de partenariat d’envergure internationale et intégrée aux cinq grands axes de promotion de la destination Côte d’Ivoire. Cette opération est présentée comme une vitrine pour les infrastructures sportives, les sites touristiques et l’hospitalité ivoirienne auprès des publics européens et des diffuseurs sportifs.

Le tourisme, levier du soft power ivoirien

Au-delà de la seule fréquentation, la diplomatie touristique est décrite par le ministère comme un instrument de rayonnement géopolitique et culturel, visant à renforcer la crédibilité du pays sur la scène mondiale. La stratégie consiste à articuler politique de marque, participation aux grands salons internationaux et présence numérique afin d’ancrer la Côte d’Ivoire dans l’imaginaire des voyageurs et des investisseurs.

Cette projection extérieure s’appuie sur un réseau d’antennes de promotion réparties sur plusieurs continents, chargées de travailler avec tour-opérateurs, compagnies aériennes, médias spécialisés et investisseurs pour soutenir le positionnement du pays dans les chaînes de valeur du tourisme international. Dans les échanges publics, le ministère insiste sur la dimension de diplomatie économique de ces bureaux, au service de la visibilité de la destination et de la conclusion de partenariats structurants.

Sublime Côte d’Ivoire vise une place parmi les grandes destinations africaines

Comparée à d’autres économies fortement touristiques, la contribution annoncée du secteur place la Côte d’Ivoire dans la partie haute de la fourchette africaine, même si elle demeure en deçà de grands marchés mondiaux. Certains pays matures comme l’Espagne visent une part du tourisme dans le PIB supérieure à 15 %, ce qui illustre l’écart de taille mais aussi le potentiel de progression pour les destinations émergentes.

Le ministère du Tourisme fixe néanmoins une ambition de montée en gamme qui doit permettre à la Côte d’Ivoire de se hisser parmi les cinq premières destinations africaines à l’horizon 2030, en capitalisant sur la stabilité politique relative, la position de hub aérien régional et la capacité d’accueil en hausse des grandes villes. Les interventions publiques soulignent que la qualité des partenariats internationaux et la confiance des investisseurs sont devenues des critères aussi déterminants que le volume de visiteurs.

Les bureaux à l’étranger, relais opérationnels de la stratégie touristique ivoirienne

Dans les prochains mois, la traduction concrète de cette stratégie passera par l’agenda des bureaux du tourisme ivoiriens à l’étranger et leur participation aux grands rendez‑vous du secteur. Le réseau actuel de représentations est chargé de prolonger, sur chaque marché cible, les messages portés par la tribune « Tout savoir sur » et de transformer le positionnement de soft power en accords de co‑promotion, en flux touristiques additionnels et en nouveaux projets d’investissement. La prochaine étape annoncée par le ministère consiste à ajuster les plans d’action de ces bureaux pour aligner leur programmation 2026‑2027 sur les priorités de Sublime Côte d’Ivoire en matière de marchés émetteurs et de segments à forte valeur ajoutée.

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