le modèle économique du Président Alassane Ouattara

On parle beaucoup des réalisations du Président Alassane Ouattara mais rarement évoque-t-on son modèle économique, cette stratégie qu’il a mise en œuvre pour parvenir à ces résultats positifs.
En faisant l’économie des longs verbiages, on peut dire que le modèle économique du Président Alassane Ouattara est résumé dans ses propres mots : “Un libéralisme à visage humain, avec un État stratège”.


Ce n’est ni un modèle socialiste, ni un modèle libéral sauvage. C’est, au contraire, un modèle hybride qu’il applique depuis 2011.
En voici les cinq (5) piliers concrets :

  1. L’ÉTAT BÂTISSEUR D’INFRASTRUCTURES
    Pour lui, sans routes, sans ponts, sans électricité, il n’y a pas de business possible. C’est la théorie du préalable :
    l’État dépense massivement pour créer les conditions, le privé vient investir ensuite.
    *Preuves :
  • Ponts HKB, ADO, Cocody, 4ème pont
  • Autoroute Abidjan-Bassam, Abidjan-Yakro
  • Électrification : de 33% en 2011 à plus de 90% aujourd’hui
  • Barrages de Soubré, Gribo-Popoli, etc.
    C’est ce qu’on appelle “L’économie de l’offre par l’infrastructure”.
  1. LE PRIVÉ COMME MOTEUR, L’ÉTAT COMME ARBITRE
    Ancien du FMI, il croit profondément que seul le secteur privé crée la richesse durable, ce qui est juste d’ailleurs.
    Rôle de l’État : Ne pas faire le business à la place du privé, mais former, sécuriser, réguler et faciliter.
    *Preuves :
  • Code des investissements très attractif
  • CEPICI guichet unique
  • Partenariat Public-Privé (PPP) pour tout : pont à péage, aéroport, etc.
  • Maintien de la dette maîtrisée pour garder la confiance des investisseurs.
  1. LA TRANSFORMATION STRUCTURELLE : “ON NE VEND PLUS DU BRUT”
    C’est le pilier le plus important de son second mandat. La Côte d’Ivoire doit capter la valeur ajoutée.
    Objectif : Arrêter de vendre le cacao brut, l’anacarde brute, l’hévéa brut.
    *Preuves :
  • Cacao : passage de <10% de broyage local à >40%. Usines Cargill, Barry Callebaut agrandies.
  • Anacarde : de 6% de transformation locale en 2015 à plus de 30% aujourd’hui. Obligation de transformer.
  • Or, manganèse : raffineries et unités de traitement imposées.
  1. LE SOCIAL COMME CONDITION DE LA CROISSANCE: Le “visage humain”
    Il a compris que la croissance sans redistribution crée des crises.
    C’est pour ça qu’il a créé les programmes et filets sociaux massifs, financés par la croissance :
  • FAFCI (Fonds d’Appui aux Femmes) avec la Première Dame : plus de 30 milliards distribués
  • Filets Sociaux : 36 000 FCFA par trimestre aux ménages les plus démunis
  • CMU : Couverture Maladie Universelle
  • École obligatoire et cantines scolaires
    En clair, le paradigme économique du Président Alassane Ouattara, c’est du libéralisme, mais qui redistribue une partie des fruits pour maintenir la paix sociale. C’est ce qui permet d’avoir une croissance à 6-7% sans explosion sociale.
  1. LA STABILITÉ MACRO-ÉCONOMIQUE COMME DOGME*
    Économiste de formation, il a deux (2) obsessions : inflation sous contrôle, pas de dérapage budgétaire.

Dette toujours <60% du PIB, jugée soutenable par le FMI/la Banque Mondiale.
Pour lui, c’est la crédibilité qui attire les milliards. Un investisseur ne vient que si le cadre est stable.
En une phrase, il faut construire beaucoup (État), pour permettre au privé de produire beaucoup (Libéralisme), afin de redistribuer une partie à tous (Social), tout en gardant les comptes sains (Rigueur FMI).

Oussou Kouamé Rémi
Enseignant-chercheur à l’Université Alassane Ouattara -Bouaké
Expert en développement professionnel
Expert analyste politique et socio-économique