Yamoussoukro, samedi 12 septembre 2026. 17h00. Le verdict des urnes tombe.
Il n’y a pas eu besoin de second tour. Pas de place au doute. Yacine Idriss Diallo vient d’être reconduit à la tête de la Fédération Ivoirienne de Football (FIF) dès le premier tour avec 123 voix sur 166, soit 74,10% des suffrages exprimés. Un score sans appel. Un message clair et net envoyé par les présidents de clubs et de groupements d’intérêt : continue.
Il y a quatre ans, le même homme entrait pourtant par la petite porte. 23 avril 2022. Deux petites voix d’écart. 63 contre 61. Il héritait d’une fédération en ruines, déchirée, placée sous le comité de normalisation de la FIFA. Les sceptiques lui lançaient alors : “Tu ne tiendras pas six mois.”
Quatre ans plus tard, regardez le tableau.
Il a pris une maison en guerre et il y a ramené la Coupe. Pas n’importe laquelle. La CAN 2023 à la maison, arrachée dans la douleur au bout du suspense, devenue la plus belle et la plus vibrante de notre histoire. La troisième étoile est désormais solidement cousue sur le maillot orange. Dans la foulée, il a qualifié nos Éléphants pour le Mondial 2026. Deux rêves que l’on croyait perdus, aujourd’hui devenus réalités.
Pendant que les autres parlaient, lui comptait. À son arrivée, la subvention pour nos clubs de Ligue 1 plafonnait à 75 millions de FCFA. Elle est passée à 100 millions durant son premier mandat. Et pour ce nouveau chapitre, il annonce le grand saut : 140 millions de FCFA pour la Ligue 1, 70 millions pour la Ligue 2, 40 millions pour la D3, et 15 millions pour nos filles qui jouent au foot. Ce n’est pas de la charité. C’est de l’oxygène. C’est la première fois depuis des décennies qu’un président de la FIF fait redescendre l’argent directement vers la base plutôt que de le voir s’évaporer vers le haut.
Son slogan n’est plus une promesse de campagne. C’est une feuille de route : « Transformer pour durer ».
Car Idriss Diallo le sait pertinemment. Gagner une CAN, c’est une décharge d’émotion collective. Transformer un championnat national où les joueurs luttent parfois pour toucher 3 mois de salaire sur 12, c’est une révolution structurelle.
Et c’est là que son second mandat devient passionnant. Tout le monde l’attend au virage. Il a promis le lancement d’une chaîne numérique pour sortir le football ivoirien de l’invisibilité. Il a promis de rendre la Ligue 1 attractive, vendable et désirable pour les sponsors locaux qui préfèrent encore investir dans la Premier League. Il a promis de faire du football féminin non plus une simple faveur de cohabitation, mais un véritable business rentable.
Pour amorcer ce virage, il sait s’entourer des plus puissants.
Ce samedi à Yamoussoukro, à l’invitation du président de la FIF, deux icônes africaines ont fait le déplacement et se sont affichées fièrement à ses côtés, comme l’a révélé L’Avenir. À sa droite, le King Gadji Céli. L’ancien capitaine des Éléphants, champion d’Afrique 92, monument vivant et aujourd’hui Ambassadeur officiel de la FIF. Quand Gadji parle, c’est l’histoire du football ivoirien qui s’exprime. À sa gauche, Samuel Eto’o. L’icône mondiale, quadruple Ballon d’Or africain, aujourd’hui Président de la Fédération Camerounaise de Football (FECAFOOT). Quand Eto’o se déplace au cœur de la Côte d’Ivoire pour soutenir Idriss Diallo, ce n’est pas qu’une affaire d’amitié. C’est le continent qui valide : Abidjan pèse lourd.
Dans l’ombre, les artisans de cette victoire ont parfaitement verrouillé le terrain : son directeur de campagne, Malick Tohé, stratège hors pair qui a fait le tour des ligues, et le consultant Jérôme Bitti qui résume parfaitement la puissance du symbole : « Voir Diallo entouré de Gadji Céli et d’Eto’o, c’est la démonstration visuelle d’un football qui traite directement avec l’élite. »
Les appuis institutionnels complètent ce tableau de maître. Dans ses premiers mots de président réélu, Idriss Diallo a tenu à saluer le Président de la République, SEM Alassane Ouattara, et son gouvernement pour leur soutien indéfectible au sport roi. Sur la scène internationale, il a réaffirmé son alliance totale avec le patron de la FIFA, Gianni Infantino, tout en consolidant sa place au sein de la CAF où son parrain, le Président Patrice Motsepe, l’a coopté au Comité Exécutif à Accra. Aujourd’hui, Abidjan n’est plus seulement une ville qui sait organiser la fête. C’est une capitale politique du football qui décide à la CAF et influe à la FIFA.
Pourtant, cette victoire écrasante avec près des trois quarts des voix est un piège magnifique.
Avec une telle majorité et un bilan aussi solide, il n’y a plus d’excuses. Plus d’adversaires de l’ombre à accuser. Plus de crise d’héritage à brandir. Il n’y a plus que la dure réalité du terrain. Et le terrain, ce sont ces présidents de clubs qui, dès les prochains mois, attendront de voir les virements des 140 millions s’afficher sur leurs comptes. Ce sont ces jeunes de Yopougon, d’Abobo ou de Bouaké qui veulent vibrer devant leur championnat local sur leurs écrans sans devoir payer des abonnements européens.
Idriss Diallo I a été l’homme qui a réconcilié et ramené les trophées.
Idriss Diallo II doit être l’homme qui bâtit l’avenir et transforme le système.
Il a quatre ans devant lui. Pas pour régner, mais pour laisser une trace indélébile. Le football ivoirien vient de lui confier les clés de la maison pour la seconde fois. Cette fois, il doit achever la fondation et monter les murs
