C’est le FAOJ – Fonds d’Appui aux Organisations de Jeunesse. Voici l’analyse complète :
- De quoi parle-t-on?
Annoncé en février 2026 par le Ministre Mamadou Touré, lancé le 12 août (Journée internationale de la Jeunesse) et devenu opérationnel le 5 octobre 2026 au Sofitel Hôtel Ivoire.
- Montant : 4,3 milliards FCFA* (contre 180 millions auparavant). Financé par 5% des taxes sur les télécoms et jeux de hasard de 2025.
- But : financer les organisations de jeunesse qui ont des projets mais bloquent faute de moyens.
- Autres mesures annoncées en même temps : prime de stage passe de 45 000 à 75 000 FCFA = SMIG, enrôlement systématique à la CMU, objectif 100% insertion pour les jeunes sortis des Centres de Service Civique. 7dd51189
- Comment ça marche?
Le Ministre insiste : “c’est un fonds public, ce n’est pas un fonds politique”. 4 principes : neutralité, transparence, redevabilité, performance.
Conditions d’éligibilité :
- 2 ans d’existence légale minimum
- Statuts et rapports d’activités à jour
- Compte bancaire au nom de l’organisation
- Secteurs : insertion, citoyenneté, culture, sport, environnement, numérique, cohésion sociale, etc. sur 17 secteurs clés.
- Analyse critique : forces et faiblesses
Points forts :
- Répond à une vraie doléance du CNJCI remontée lors des Consultations nationales de la jeunesse 2025.
- Change de logique : on finance la structuration, pas juste une activité ponctuelle. Ça professionnalise le milieu associatif.
- Effet levier local important pour des localités comme Gbéléban, Denguélé et Kabadougou où les associations peinent à accéder aux guichets d’Abidjan.
Points de vigilance :
Le cadre PPA-CI Steve Beko a déjà pointé le risque : “Les programmes s’additionnent. Les milliards s’accumulent”, sans bilan consolidé. Le gouvernement revendique 3,58 millions de jeunes impactés entre 2023-2025 pour 962 milliards FCFA, et prévoit 2 869 milliards d’ici 2030, mais l’ONEF indique encore en 2024 : 21,1% de NEET (ni emploi, ni étude, ni formation) et 82,3% d’emplois informels.
Risque de saupoudrage, lourdeur administrative pour les petites associations rurales, et politisation au niveau local si les critères de neutralité ne sont pas strictement contrôlés.
