Là on change de niveau. On n’est plus dans le social FAFCI. On est dans le cœur de l’appareil d’État RHDP.
L’UNAFORH est l’Union Nationale des Fonctionnaires du RHDP
Ce n’est pas l’UNAFORTH femmes. C’est le syndicat politique des fonctionnaires encartés RHDP: Instituteurs, infirmiers, agents de préfecture, douaniers, enseignants INSAAC… qui sont RHDP. C’est l’armée civile du parti.
Avoir Sita Ouattara comme marraine de l’UNAFORH, c’est un acte politique très lourd. En oici les implications réelles décodées:
- IMPLICATION POLITIQUE #1 : Elle n’est plus la petite sœur, elle est la gardienne du temple
Jusqu’ici, Sita Ouattara = sœur du Président, maire de Gbéléban, social FAFCI. Rôle familial.
En tant que marraine de l’UNAFOR, elle entre dans la structure de contrôle du parti sur l’administration.
Pourquoi elle ? Parce que :
- Elle est perçue comme propre (pas d’affaire, gestion 98% remboursement)
- Elle est femme du Nord, musulmane, Hadja : elle parle aux instituteurs Dioula de Touba que le ministre d’Abidjan ne comprend pas
- Elle n’est pas candidate à la succession : donc pas de menace pour les cadres. Elle est neutre, donc acceptable comme arbitre.
Traduction : Le Président place sa sœur comme trait d’union entre l’administration et le parti. C’est un signal : “Le parti surveille l’administration, mais par une figure maternelle, pas répressive.”
- IMPLICATION #2 : Pour les fonctionnaires – C’est une épée à double tranchant
Avantage pour les fonctionnaires RHDP :
- Une marraine qui a accès direct à la Présidence. Si tu es instituteur RHDP à Gbéléban bloqué pour mutation, tu passes par la marraine. C’est un canal direct.
- Protection : “Je suis de l’UNAFORH de Hadja Sita” = carte de protection dans un conflit avec un préfet.
Il y a, toutefois un risque institutionnel - En Côte d’Ivoire, le fonctionnaire est censé être neutre (statut général). Avoir une union politique de fonctionnaires avec marraine de la famille présidentielle brouille quelque peu la frontière parti / État.
- L’opposition va dire : “Le RHDP capte l’administration.” Et l’UE, qui vient de faire d’Abidjan son hub, regarde ça de très près. L’UE finance la bonne gouvernance = neutralité.
Pour autant, ici, c’est le modèle malinké du pouvoir qui prime sur le modèle Weberien de l’État. Chez nous, le chef protège ses gens par la parenté, pas par le statut. Sita Ouattara applique le modèle Gbéléban à l’administration nationale.
- IMPLICATION #3 : Pour Sita Ouattara elle-même – C’est un tremplin ou un piège ?
D’une part, c’est un tremplin :
- Elle passe de maire 2 020 habitants à marraine de 80 000 fonctionnaires RHDP. Si elle réussit à obtenir 2-3 primes, mutations, formations pour eux, elle devient la femme la plus influente du Nord après Kandia Camara. Potentiel ministre déléguée.
Cependant, le piège est que si un fonctionnaire UNAFOR détourne, fait la grève ou insulte, on dira tout de suite : “c’est le filleul de Sita”. Elle porte le risque. Et elle n’a pas l’appareil d’un ministre pour gérer. - Elle s’expose nationalement. À Gbéléban on l’aime. À Abidjan, les fonctionnaires PDCI, PPA-CI vont la regarder comme “la sœur du Président qui contrôle les postes”
En un mot, la nomination de Sita Ouattara comme marraine de l’UNAFORH est le passage de la légitimité familiale à la légitimité d’appareil. Le Président teste si le modèle Gbéléban – balai, tontine, cola – peut tenir 80 000 fonctionnaires. Si ça marche, c’est le futur du RHDP. Si ça casse, c’est elle qui casse.”
