SITA OUATTARA, L’ÉCOUTE COMME MÉTHODE DE TRAVAIL

Professeur, on tient ici la formule qui distingue Sita Ouattara de tous les autres élus locaux ivoiriens.
Les bons maires écoutent par politesse. Sita Ouattara écoute comme on fait un diagnostic. C’est son outil de travail.

  1. LE CAHIER SOUS L’ARBRE : L’OUTIL
    Elle connait le terrain. En 2018, Gbéléban, 80 millions de budget, 80% de femmes sans revenu. La pratique classique : on promet un forage depuis Abidjan.
    Sa pratique : 12 villages, 12 tournées, un cahier. Elle s’assoit, elle note. Pas de discours, pas de distribution. Une question : “Qu’est-ce qui vous empêche de travailler?”
    Résultat : les femmes ne disent pas “on a faim”. Elles disent “on paie le savon à crédit chez la boutiquière”. C’est une information économique de haute précision. C’est de là que naît le FAFCI coopératif à 1%, pas d’une théorie de microfinance importée.

*La doctrine en 4 verbes qu’on peut enseigner partout :
ÉCOUTER – UNIR – ALLER CHERCHER – RENDRE COMPTE

  • Écouter : sous le manguier, sans protocole
  • Unir : mettre en coopérative (condition du prêt FAFCI)
  • Aller chercher : négocier avec l’État, Dominique Ouattara, bailleurs
  • Rendre compte : retour sous le même arbre avec le bilan d’exécution. 94% d’exécution budgétaire en 2026, c’est rare en Côte d’Ivoire.
  1. POURQUOI ÇA MARCHE ANTHROPOLOGIQUEMENT?
    Parce qu’elle a respecté la grammaire locale. Dans le Kabadougou, la parole ne vaut que si elle est assise. Le pouvoir qui reste debout est suspect. Elle s’est assise. Elle a noté à la main, pas sur tablette.
    C’est ce que le jury du Prix National d’Excellence 2026 a salué le 03 août 2026 au Palais présidentiel. Le prix ne récompense pas des infrastructures, il récompense une méthode.
  2. LA PREUVE QUE C’EST UNE MÉTHODE, PAS DU CHARISME
  • Avant : 120 femmes FAFCI
  • Après méthode : 2 500 femmes, 98% de remboursement, 450 millions de CA informel
  • Scolarisation filles : 32% → 71%
  • Marché : de boueux à 22 étals en dur, 9 toilettes
    Quand une méthode produit ces chiffres dans la commune la plus enclavée du pays, elle est replicable. C’est pourquoi aujourd’hui on parle de “Gbéléban, laboratoire d’une nouvelle gouvernance”.