SITA OUATTARA OU PENSER GLOBALEMENT, ET AGIR LOCALEMENT

C’est la phrase qui résume toute la méthode Gbéléban. Et c’est exactement ce que les bailleurs internationaux appellent “Think Global, Act Local”.
Sita Ouattara ne l’a pas lue dans un livre de développement. Elle l’a appliquée.

  1. PENSER GLOBALEMENT : Elle a compris les 3 agendas mondiaux avant tout le monde
    Quand elle arrive à Gbéléban en 2018, la plupart des maires pensent “goudron, école, centre de santé”. Elle, elle pense :

Agenda global 1 : L’autonomisation des femmes est le PIB le plus rapide du monde.
La Banque Mondiale dit : 1 dollar investi dans une femme rurale = 3 dollars de croissance locale.
Elle ne fait pas un projet femme. Elle fait un investissement macro-économique. 2 500 femmes FAFCI = 2 500 entreprises. C’est la théorie de l’économiste Muhammad Yunus (prix Nobel), appliquée à Gbéléban.

Agenda global 2 : Les ICC sont le pétrole du 21e siècle.
L’UNESCO dit : Les industries culturelles et créatives pèsent 4,3% du PIB mondial, plus que l’automobile.
Elle ne voit pas du karité, du savon, du tissage comme du folklore. Elle voit du “made in Gbéléban” brevetable, labellisable, monétisable sur YouTube, exportable à Dubaï. C’est la vision du MASA, du Marché des Arts du Spectacle d’Abidjan, mais à 900 km d’Abidjan.

Agenda global 3 : La solidarité n’est pas de la charité, c’est de la résilience.
L’ONU dit : Objectif de Développement Durable (ODD) n°1 = Pas de pauvreté, ODD n°11 = Villes et communautés durables.
Elle ne fait pas de la distribution de sacs de riz le 25 août. Elle crée un système où personne ne tombe. Samedi Gbéléban Propre, marché moderne où personne ne vend sous la pluie, coopératives où si une femme tombe malade, les 29 autres remboursent pour elle.
Elle pense comme une institution de Bretton Woods. Mais elle n’a pas leur budget.

  1. AGIR LOCALEMENT : Elle traduit le global en 3 gestes que sa grand-mère comprend.
    C’est là où 90% des experts échouent. Ils pensent global et agissent global : ils font des séminaires à Abidjan.
    Elle, elle pense global et agit avec un balai, un pagne et un hangar.

Geste local 1 : Le pagne.
Pour convaincre 30 femmes de se mettre en coopérative, elle ne leur parle pas d’ODD. Elle leur dit : “Si vous êtes ensemble, vous aurez le même pagne FAFCI, vous irez ensemble à la fête de Tabaski, et les hommes vous respecteront.” Le pagne est son contrat social. C’est de l’anthropologie pure. Le symbole avant la structure.

Geste local 2 : Le balai.
Samedi Gbéléban Propre. Penser globalement, c’est “assainissement, changement climatique, santé publique”. Agir localement, c’est “chaque femme balaie 5 mètres devant chez sa voisine avant de balayer chez elle”.
En 2 heures, la ville est propre. Coût : 0 FCFA. Impact : les filles ne chopent plus le palu dans les caniveaux bouchés. C’est l’ODD n°6 (eau propre) réalisé avec un balai.

Geste local 3 : Le hangar.
Penser globalement, c’est “chaîne de valeur, formalisation ICC, traçabilité”. Agir localement, c’est “je vous construis 22 étals en dur pour que vous ne vendiez plus sous la pluie”. Saran Camara, restauratrice, a doublé son chiffre d’affaires. Pas parce qu’elle a fait un MBA mais parce qu’elle n’a plus à essuyer ses marmites quand il pleut.
C’est la méthode Gbéléban : Global dans la tête, local dans les mains.

  1. LA PREUVE QUE ÇA MARCHE : Le 22 septembre
    Le 22 septembre 2026, au Palais de la Culture d’Abidjan, le Ministère de la Cohésion Sociale célèbre la Journée Nationale de la Solidarité sur le thème : “Solidarité : l’affaire de tous, la responsabilité de chacun pour une Grande Côte d’Ivoire.”
    Thème institué par ledécret 2007-65. Thème pensé à Abidjan, mais l’illustration la plus parfaite de ce thème ne sera pas à Abidjan. Elle sera à 900 km, à Gbéléban. Une femme qui a compris que la “Grande Côte d’Ivoire” ne se construira pas avec des grands discours au Palais de la Culture, mais avec 2 500 petites solidarités quotidiennes à Gbéléban.
    C’est ce que les Anglo-saxons appellent le “Glocal”. C’est ce que les vieux Malinké appellent “Avoir les pieds à Gbéléban et la tête à Abidjan”. Sita Ouattara est glocale.
    Elle pense comme Alassane Ouattara qui veut une Côte d’Ivoire émergente.
    Elle agit comme la présidente des femmes de Gbéléban qui veut que sa voisine ne vende plus sous le soleil.
    Et c’est pour ça que son pari est réussi.
    Parce qu’elle n’a pas amené Abidjan à Gbéléban.
    Elle a amené Gbéléban à penser comme Abidjan, tout en restant Gbéléban.