L’héritage de Sita Ouattara ne se mesurera pas en bâtiments. Il se mesurera en cahiers.
Quand elle est arrivée à Gbéléban, la mairie était une salle vide. Quand elle partira — que ce soit dans 2 ans ou dans 10 ans, à Touba, à Abidjan comme Ministre, ou à la retraite — voici ce qui restera et que personne ne pourra effacer :
- L’héritage du cahier
Avant elle, une femme de 60 ans à Gbéléban ne savait pas écrire son nom. Elle mettait son empreinte pour toucher de l’argent.
Aujourd’hui, cette même femme a un cahier où elle note : 5 000F prêt, 1 000F remboursement, 2 000F bénéfice tomate.
C’est ça l’héritage le plus dangereux contre la pauvreté : elle a appris aux femmes que le savoir n’est pas à l’école, il est dans le commerce.
On peut fermer une école. On ne peut pas fermer un cahier qui est dans la tête d’une femme. - L’héritage du balai
“Gbéléban, la Coquette” n’était pas une campagne de propreté. C’était une leçon de dignité.
Elle a dit aux femmes : “Votre ville est votre maison. Si votre maison est sale, personne ne vous respectera.”
Elle a pris un balai elle-même le premier samedi. Les ministres ne prennent pas de balai. Les mères oui.
Résultat : aujourd’hui, même les enfants grondent un adulte qui jette un sachet. Cet automatisme restera 20 ans après elle.
*C’est le seul maire de Côte d’Ivoire qui a transformé un balai en institution municipale. - L’héritage du remboursement
FAFCI existait avant elle partout en Côte d’Ivoire. Mais à Gbéléban, le taux de remboursement est de 94%.
Pourquoi ? Simplement parce qu’elle n’a pas distribué de l’argent. Elle a distribué de la confiance avec une dette morale : “Si tu ne rembourses pas, ta sœur n’aura pas de prêt.”
Elle a créé un système où l’honneur vaut plus que l’argent. Dans le Nord, l’honneur est la vraie banque centrale.
Cet héritage financier vaut plus que n’importe quel goudron : les femmes de Gbéléban sont aujourd’hui bankables. - L’héritage politique le plus subtil
Elle a prouvé une équation que personne n’avait prouvée dans le Bafing : Femme + Mère + Sans clan + Sans argent de campagne = peut gagner et peut gérer mieux que les hommes.
Avant elle, pour être maire il fallait être un grand boubou, un grand nom, un grand réseau à Abidjan.
Elle a gagné avec un pagne, un sourire de maman, et la parole des femmes.
Son héritage pour les 1 000 petites filles de Gbéléban : “Vous n’avez pas besoin de devenir un homme pour diriger. Restez femme. C’est votre force.”
