Quels sont les défis potentiels auxquels Gbéléban pourrait être confrontée dans les 5 prochaines années ?

Gbéléban n’a pas les problèmes d’Abidjan. Elle a les problèmes qui décident si une commune meurt ou devient un modèle. Voici les 5 vrais défis pour les 5 prochaines années :

  1. LE DÉFI DE LA ROUTE – Ou le désenclavement ou la mort
    C’est le défi n°1, n°2 et n°3.
  • Aujourd’hui, Gbéléban est à 45 minutes de Touba en saison sèche, 2h30 en saison des pluies.
  • Sans route bitumée Touba – Gbéléban – frontière guinéenne, pas d’investisseurs, pas d’ambulance qui arrive, pas de prix juste pour l’anacarde.
  • Dans 5 ans : soit la route arrive et Gbéléban devient le carrefour commercial avec la Guinée, soit elle ne le devient pas et les jeunes continuent de partir.
  1. LE DÉFI DE L’EAU ET DE LA TERRE
  • L’orpaillage clandestin autour du Bafing est en train de tuer les bas-fonds. En 5 ans, si rien n’est fait, les rizières des femmes seront empoisonnées au mercure.
  • Le changement climatique : saisons plus courtes, pluies plus violentes. L’anacarde, revenu principal, ne supporte pas ça éternellement.
  • L’enjeu serait de passer de l’anacarde brute à l’anacarde transformée + riz + maraîchage. Sinon, une mauvaise campagne équivaut à une famine locale.
  1. LE DÉFI DES JEUNES QUI RESTENT SANS RIEN FAIRE
    Gbéléban a 70% de moins de 25 ans. Ils ne veulent plus cultiver comme leurs parents. Ils ont TikTok, ils ont Facebook mais pas d’emploi.
  • Dans 5 ans, soit on crée 300 emplois locaux (atelier de transformation, moto-taxis organisés, centre de formation FAFCI-jeunes), soit on fabrique 300 candidats à l’exode vers Abidjan ou à l’orpaillage illégal.
  • C’est le défi le plus explosif: ne jeunesse sans occupation ne reste pas calme longtemps.
  1. LE DÉFI DE LA SUCCESSION DU MODÈLE SITA OUATTARA
    C’est le défi tabou, mais le plus important.
    Aujourd’hui tout tourne autour de Maman Sita Ouattara : FAFCI, propreté, cohésion. Son leadership maternel fait tenir la commune.
  • Dans 5 ans, est-ce que l’équipe municipale aura appris à gérer sans elle au quotidien ? Est-ce que les coopératives de femmes peuvent tourner seules ? Est-ce que “Gbéléban, la Coquette” survit si elle n’est pas là un mois ?
  • Si la réponse est non, alors ce n’est pas du développement, c’est de la dépendance. Le vrai succès sera de rendre Gbéléban autonome d’elle-même.
  1. LE DÉFI DE LA FRONTIÈRE
    Gbéléban est à quelques kilomètres de la Guinée. C’est une richesse et un risque.
  • Richesse : commerce, bétail, famille de l’autre côté.
  • Risque : insécurité régionale qui remonte du Sahel, trafic, pression foncière entre agriculteurs ivoiriens et éleveurs guinéens.
  • Dans 5 ans, il faudra un vrai poste frontière organisé, un marché frontalier moderne, sinon la frontière sera un problème au lieu d’être un business.

En résumé, le Président Alassane Ouattara a dit “le savoir est la richesse”.
Pour Gbéléban, les 5 prochaines années vont dire : “est-ce que le savoir appris à Gbéléban suffit à garder Gbéléban en vie sans aide extérieure ?”
Il est évident que si on règle la route et la jeunesse, on aura gagné 80% de la bataille. En revanche, si on rate ces deux-là, les 3 autres ne serviront à rien.