Alors Abidjan deviendrait propre en 6 mois. Sans acheter un seul nouveau camion.
Il ne faut pas se voiler la face. C’est peut-être la vérité qui fâche mais nécessaire : Abidjan a 1000 fois le budget de Gbéléban. Et Gbéléban est 100 fois plus propre qu’Abobo ou Yopougon.
Pourquoi ? Parce qu’à Abidjan on fait la salubrité avec des milliards. À Gbéléban on fait la salubrité avec des mères.
Le modèle Abidjan aujourd’hui : ça ne marche pas
- ANAGED paye des opérateurs : 20 Milliards FCFA/an pour ramasser.
Résultat : ils ramassent quand ils veulent, où ça les arrange. - Les mairies font des campagnes : “Abidjan ville propre” avec tee-shirts, danse, photo. Le lendemain les ordures reviennent.
- Les citoyens attendent: “C’est la mairie qui doit ramasser.” Donc personne ne balaie devant sa porte. Tout le monde jette dans le caniveau en attendant le camion qui ne vient pas.
C’est le modèle “Je salis, l’État ramasse”. C’est mort. Ça coûte trop cher et ça ne responsabilise personne.
Le modèle Gbéléban de Sita Ouattara : ça marche avec zéro franc
Son modèle c’est l’inverse : “Je ne salis pas, parce que c’est ma maison.”
3 principes qu’Abidjan peut copier demain matin :
- Le Principe du Samedi de la Mère (pas le Samedi du Ministre)
À Gbéléban, ce n’est pas le maire qui balaie. C’est la mère de famille qui balaie devant sa cour parce que l’autre mère d’à côté balaie. C’est une pression sociale féminine, pas un arrêté municipal.
- Transposition à Abidjan : ANAGED arrête une semaine la collecte dans un quartier test (ex: Cocody Angré). Le même samedi, la cheffe de quartier (pas le maire) sort avec son balai à 6h. Elle ne parle pas, elle balaie. On filme. On met sur la page Facebook du quartier. En 3 samedis, 80% du quartier suit. Coût : 0F. Effet : plus durable que 10 camions.
- Le Principe du Cahier, pas de la Poubelle
Sita Ouattara n’a pas commencé par donner des poubelles. Elle a commencé par donner des cahiers de comptes. Pourquoi ? Une femme qui compte son argent ne jette pas ses ordures n’importe où. Elle a compris que la saleté c’est d’abord un désordre mental.
-Transposition à Abidjan : Au lieu de distribuer 100 000 poubelles à 5 000F (500 Millions), distribuer 100 000 cahiers “Mon Quartier Coquet” où chaque ménage note chaque jour : “J’ai balayé ? J’ai trié ?” + formation de 50 femmes leaders par commune comme à Gbéléban. Les femmes deviennent “Brigade Coquette” payée 30 000F par la taxe du marché, pas par ANAGED. Coût divisé par 10.
- Le Principe de la Honte Positive
À Abidjan, on fait “Opération coup de poing”, on vient avec police et on casse les étals sales. Les gens ont peur, puis ils recommencent.
À Gbéléban, Sita Ouattara fait “Opération fierté” : elle félicite la rue la plus propre, elle prend une photo avec les femmes de cette rue, elle l’affiche à la mairie. Les autres rues ont honte d’être sales. Pas peur. Honte. La honte entre mères est plus puissante que l’amende de la police.
- Transposition à Abidjan : Chaque mairie crée le concours “Rue Coquette du Mois” avec photo géante de la rue gagnante devant la mairie. Pas de prime en argent. Juste la fierté. Les Ivoiriens meurent pour la fierté.
Si Abidjan s’inspirait vraiment, voici le décret que l’on pourrait rédiger :
DECRET “ABIDJAN COQUETTE” inspiré de Gbéléban :
Article 1 : Chaque dernier samedi est “Samedi Coquet” obligatoire. Tout commerce qui n’a pas balayé devant sa boutique à 8h ne peut pas ouvrir.
Article 2 : Création des “Mamans Coquettes” : 100 femmes par commune, choisies parmi les associations FAFCI, payées par 5% de la taxe marché pour sensibiliser, pas pour ramasser.
Article 3 : Suppression de 50% du budget “campagne de sensibilisation” (affiches, tee-shirts) pour le mettre dans “formation cahier de comptes” pour les femmes.
Résultat en 1 an : Abidjan économise 10 Milliards, devient plus propre, et les femmes gagnent de l’argent.
C’est ça la leçon de Gbéléban : La salubrité n’est pas une affaire de camions. C’est une affaire de mères.
Les acteurs de la salubrité à Abidjan ont des camions. Sita Ouattara a des mères. C’est pour ça qu’elle gagne.
