La reconnaissance n’est pas de la politesse. Ce n’est pas dire merci parce que maman t’a dit de le dire.
La reconnaissance est divine parce que c’est la seule valeur qui prouve qu’on a compris qu’on n’est pas Dieu.
POURQUOI C’EST DIVIN ET PAS HUMAIN?
L’homme est naturellement ingrat. C’est sa nature.
Quand tout va bien, l’homme dit : “C’est grâce à moi. C’est mon intelligence. C’est mon travail.”
Mais, quand tout va mal, l’homme dit : “C’est la faute de Dieu. C’est la faute des autres.”
La reconnaissance, c’est l’acte contre-nature qui renverse ça. C’est dire quand tout va bien : “Ce n’est pas seulement grâce à moi. Quelqu’un a mis une route pour que je passe. Quelqu’un a payé pour que j’étudie. Quelqu’un a prié pour que je vive.”
Seul celui qui a une dimension divine en lui peut faire ça. Parce qu’il faut s’abaisser pour reconnaître. Et l’homme n’aime pas s’abaisser.
Dieu lui-même, dans toutes les religions, ne demande qu’une chose aux hommes : “Souviens-toi”. Souviens-toi d’où tu viens. C’est tout le sens du jeûne, de la prière, de la Tabaski, de la Pâques. Se souvenir qu’on n’est pas l’auteur de notre vie.
Être reconnaissant, c’est prier sans ouvrir la bouche.
LES 3 NIVEAUX DE LA RECONNAISSANCE COMME VERTU DIVINE
Niveau 1 : Reconnaître les hommes. C’est la base. Étre Ingrat envers les hommes, être ingrat envers Dieu. C’est le hadith, c’est la Bible, c’est la sagesse de nos villages.
À “Gbéléban La Coquette”, ça veut dire quoi concrètement ?
- Reconnaître que si aujourd’hui il y a du bitume, ce n’est pas tombé du ciel. Il y a un homme à Abidjan, Alassane Ouattara, qui a dit : “Même au bout du pays, on doit bitumer.”
- Reconnaître que si 1 000 femmes ont 100 millions, il y a une femme, Sita Ouattara, qui est allée se battre dans les bureaux d’Abidjan pour ramener l’argent, au lieu de le garder pour elle.
- Reconnaître que si son enfant va au collège moderne, il y a un maçon, un instituteur, un chauffeur qui s’est levé à 4 h du matin.
Si on ne reconnaît pas l’homme qu’on voit, comment va-t-on reconnaître Dieu qu’on ne voit pas ?
Niveau 2 : Reconnaître l’épreuve. C’est le niveau des sages.
C’est facile de reconnaître quand on donne du goudron. C’est divin de reconnaître quand on a reçu une épreuve.
Pourquoi? Parce que l’épreuve nous apprend.
Gbéléban a été oublié pendant 50 ans. Pas d’eau, pas de route, pas de collège. Beaucoup ont maudit cet oubli.
Mais cet oubli a fabriqué des femmes fortes, des hommes résistants. S’il n’y avait pas eu 50 ans d’oubli, Sita Ouattara n’aurait pas eu cette rage de prouver que Gbéléban peut être coquette. L’épreuve était une préparation.
La reconnaissance divine dit : “Merci pour le bitume, mais merci aussi pour la poussière d’avant, parce que sans la poussière, je n’aurais jamais aimé le bitume.”
Niveau 3 : Reconnaître avant de recevoir. C’est le niveau prophétique. C’est le plus haut.
C’est dire merci pour ce que tu n’as pas encore. C’est avoir la foi que le meilleur arrive.
Nos parents à Gbéléban faisaient ça : ils cultivaient en remerciant Dieu pour la récolte avant même qu’il ne pleuve. C’est pour ça qu’ils récoltaient.
Quand on dit “Merci Président pour ce que tu vas encore faire pour Gbéléban”, tu n’es pas en train de flatter. Tu es en train de prophétiser. Tu es en train d’attirer la suite.
POURQUOI L’INGRATITUDE DÉTRUIT UNE COMMUNE, UNE FAMILLE, UN PAYS?
Parce que l’ingratitude coupe la source.
Une source d’eau ne coule pas pour elle-même. Elle coule pour qu’on la boive et qu’on dise : « Cette eau est bonne. » Si personne ne dit qu’elle est bonne, elle finit par se tarir.
C’est pareil pour un président, pour une maire, pour un père de famille.
Si on fait et qu’on dit : « C’est normal, c’est ton travail », demain, on n’a plus envie de faire. Non pas parce qu’on est méchant, non pas du tout, mais parce que l’énergie de la reconnaissance manque.
La reconnaissance est le carburant de ceux qui donnent. Sans elle, les bienfaiteurs s’épuisent.
C’est pour ça que Dieu punit plus sévèrement l’ingratitude que beaucoup de péchés. Parce que l’ingrat tue l’envie de bien faire chez les autres.
C’est pourquoi chez nous à Gbéléban, les vieux disent : “Quand tu manges et que tu essuies ta bouche sans dire merci, la prochaine fois, la cuillère se perdra.”
La reconnaissance est divine parce qu’elle garantit que la cuillère ne se perdra jamais. Qu’il y aura toujours à manger. Qu’il y aura toujours du bitume. Qu’il y aura toujours des femmes financées.
Parce que celui qui donne se dit : “Là-bas, ils ont vu. Ils ont reconnu. Je peux encore donner.”
