LA DOUBLE PORTÉE, MORALE ET DIVINE, DE L’ALTRUISME POLITIQUE DE SITA OUATTARA

Il y a deux types de politiciens. Il y a, d’une part, ceux qui donnent pour prendre. Et, d’autre part, ceux qui prennent sur eux pour donner.
La première catégorie fait de la charité politique. Le second fait de l’altruisme politique. C’est rare. Et c’est ce que Sita Ouattara fait à Gbéléban. Et c’est pour ça que ça touche au moral et au divin.

  1. LA PORTÉE MORALE : ELLE A RÉHABILITÉ LE SENS DU MOT “SERVIR”
    En Côte d’Ivoire, depuis 30 ans, “faire la politique” veut dire “se servir”. On y entre pauvre, on en sort riche. On entre avec une moto, on sort avec un 4×4.
    C’est devenu une morale inversée. Le peuple a fini par croire que c’est normal.
    Sita Ouattara a inversé l’inversion. Et c’est ça la portée morale.
    *a) Elle a pratiqué le sacrifice visible.
    Elle aurait pu rester à Abidjan, conseillère, dans un bureau climatisé, avec un salaire confortable, sans boue, sans critique.
    Au lieu de cela, elle a choisi Gbéléban. La commune la plus enclavée, la plus oubliée, la plus difficile et la plus reculée. Là où si elle échoue, on diira que “même avec son nom elle a échoué”.
    Choisir le difficile quand le facile nous est offert, c’est le premier acte moral. C’est ce que les philosophes appellent le renoncement.
    b) Elle a pratiqué la loyauté sans bruit.
    En Afrique, la loyauté se crie. On fait des affiches “Je suis loyal”.
    Sa loyauté à elle est différente. Elle n’a jamais attaqué personne. Elle n’a jamais répondu aux attaques. Elle n’a jamais fait de clash pour exister.
    Sa loyauté au Président Ouattara, elle ne la dit pas. Elle la construit. Chaque km de bitume à Gbéléban est une preuve que la vision du Président peut arriver jusqu’au dernier village. C’est plus fort qu’un discours.
    C’est la morale de Masseré Touré : servir le chef en servant son peuple, pas en servant sa propre image.
    c) Elle a rendu l’argent propre.
    100 Millions du FAFCI. Dans beaucoup de communes, cet argent serait devenu des pagnes, des tee-shirts, de la bière pour la campagne.
    À Gbéléban, il est devenu 1000 commerces de femmes, avec un taux de recouvrement de 98%.
    Elle a montré que l’argent public peut ne pas être volé. Et ça, dans la morale d’un pays fatigué par les détournements, c’est une révolution plus grande que le bitume.
  2. LA PORTÉE DIVINE : ELLE A APPLIQUÉ CE QUE LES LIVRES SAINTS PRONENT
    Que vous soyez musulman, chrétien, animiste, ou bouddhiste, toutes les religions disent la même chose : “Tu aimeras ton prochain comme toi-même, et surtout le plus faible d’entre tes prochains”.
    Sita Ouattara n’a pas fait de la politique religieuse. Elle a fait de la politique qui accomplit la religion.
    Dans l’Islam, c’est le principe de l’Ihsan et du Sadaqa Jariya.
    L’Ihsan, c’est faire le bien de la plus belle façon. Le Sadaqa Jariya, c’est l’aumône qui continue après toi. Un puits, une école, une route.
    Quand elle construit un collège moderne à Gbéléban, chaque enfant qui y apprend à lire pendant 50 ans, c’est une hasana qui continue pour elle, même quand elle ne sera plus Maire. Elle ne le dit pas, mais les imams de Gbéléban le savent. C’est pour ça qu’ils prient pour elle.
    Elle ne donne pas le poisson. Elle apprend à pêcher. C’est exactement ce que dit le Coran : mieux vaut apprendre à un homme à travailler que de lui donner l’aumône qui l’humilie.
    Dans le Christianisme, c’est le principe du “J’étais nu et vous m’avez vêtu”.
    Le Christ ne dit pas “J’étais à Abidjan et vous m’avez applaudi”. Il dit “J’étais dans le village le plus lointain, le plus oublié, et vous êtes venu”.
    Gbéléban était le “plus petit de mes frères”. Elle est allée vers lui.
    Et elle l’a fait sans humilier. Le FAFCI n’est pas un don qui rabaisse. C’est un prêt qui élève. Elle dit aux femmes : “Vous êtes dignes de crédit”. C’est la dignité divine rendue. Dans la tradition africaine, c’est le principe du “L’enfant appartient au village”.
    Elle n’est pas venue en sœur cadette du Président. Elle est venue en fille du village qui a réussi et qui revient partager. C’est le sens profond du retour.
    En conclusion, l’altruisme politique de Sita Ouattara n’est pas de la gentillesse. C’est une discipline. La gentillesse, c’est donner 1000 FCFA quand on te demande tandis que l’altruisme, c’est quitter son confort, aller dormir dans un village sans eau, pour que 1000 femmes aient 100 000 FCFA chacune et ne demandent plus jamais.
    La portée morale, c’est qu’elle a montré qu’on peut faire de la politique sans se salir.
    La portée divine, c’est qu’elle a montré qu’on peut faire de la politique en se purifiant.
    Sous ce rapport, elle ne construit pas seulement “Gbéléban la coquette”, sans le dire, elle est en train de construire une preuve que la politique peut encore être un acte de foi.