Alassane Ouattara, Sita Ouattara et la culture de l’excellence

La culture de l’excellence chez Alassane Ouattara, ce n’est pas un slogan. C’est une maladie. Une maladie qu’il a attrapée à l’université de Philadelphie et qu’il a refilée à toute la Côte d’Ivoire, bien des années plus tard.
Il y a deux types de discours tenus par les dirigeants en Afrique.
Le premier dit : “C’est l’Afrique, on fait comme on peut.”
Le second, comme Alassane Ouattara, dit : “C’est l’Afrique, on doit faire mieux que les autres pour qu’on nous respecte.”
Toute sa présidence est construite sur cette deuxième phrase.

  1. L’EXCELLENCE, C’EST NE PAS NÉGOCIER AVEC LE MÉDIOCRE
    Jetons un coup d’œil ses 3 obsessions depuis 2011. Elles n’ont pas changé d’un millimètre.
    -Obsession 1 : Les chiffres doivent être justes.
    Avant Ouattara, le budget de la Côte d’Ivoire était une estimation. Sous Ouattara, c’est devenu un contrat. Il a ramené le FMI, la Banque Mondiale non pas comme des maîtres, mais comme des témoins. Il a dit : “Venez vérifier mes comptes. Je n’ai rien à cacher.”
    Pourquoi? Parce que l’excellence commence par dire la vérité sur l’argent. Si on ment sur les chiffres, on va construire une route qui n’ira nulle part.
    -Obsession 2 : Le travail bien fait est non-négociable.
    L’anecdote que tous les ministres racontent : Un ministre vient avec un dossier, il dit “Monsieur le Président, on a fait à 80%, c’est bon pour l’Afrique.”
    Il répond : “Pourquoi vous avez fait à 80%? Vous êtes Ivoirien à 80%?”
    Il renvoie le dossier. Il ne crie pas. Il renvoie. Et le ministre revient quand c’est à 100%.
    C’est pour ça que le pont Alassane Ouattara de Cocody n’est pas juste un pont. C’est un pont haubané qui a gagné un prix d’architecture mondial. Il aurait pu faire un pont normal. Il a dit “on va faire un pont que Dubaï va nous envier.” Et il l’a fait.
    -Obsession 3 : L’homme qu’il faut à la place qu’il faut, pas le parent qu’il faut.
    C’est la rupture la plus violente avec la culture politique ivoirienne.
    Avant, pour être ministre, il fallait être de la région, de l’ethnie, avoir fait la prison politique avec le chef.
    Avec Ouattara, pour être ministre, il faut avoir livré. Patrick Achi n’est pas devenu Premier ministre parce qu’il est Attié. Il est devenu Premier ministre parce qu’il a livré le 3ème pont, la CAN, et 10 ans de projets sans bruit.
    Amadou Gon Coulibaly n’est pas devenu son dauphin parce qu’il était son frère. Il est devenu son dauphin parce qu’il travaillait de 5h du matin à minuit et qu’il maîtrisait chaque dossier du pays.
    L’excellence, c’est de dire à un jeune de Gbéléban : “Tu n’as besoin d’aucun oncle. Tu as besoin d’un résultat. Montre ton résultat et je te verrai.”
  2. L’EXCELLENCE N’EST PAS DU LUXE. C’EST DE LA SÉCURITÉ NATIONALE.
    Beaucoup de gens pensent que l’excellence, c’est pour faire joli. Faux.
    Pour Ouattara, l’excellence est une arme de souveraineté.
    Quand tu fais un port à 1 milliard de dollars aux normes internationales à San Pedro, les grands armateurs ne peuvent plus te contourner. Ils sont obligés de venir chez toi.
    Quand tu fais un stade à 60 000 places qui est homologué FIFA, la CAF ne peut plus dire “la Côte d’Ivoire ne peut pas organiser la CAN”. Tu l’organises et tu la gagnes.
    Quand tu as une croissance à 7% pendant 10 ans avec une inflation à 2%, le monde ne peut plus dire “l’Afrique c’est instable”. Il est obligé de te prêter à 5% au lieu de 10%.
    L’excellence, ce n’est pas pour être beau. C’est pour ne plus demander la permission.
    C’est cette vision qu’il a inculquée à sa sœur cadette, Sita Ouattara, à Gbéléban : “Tu es la plus petite commune de Côte d’Ivoire. Donc tu dois être la plus propre, la plus rigoureuse, la plus coquette. Si tu es petite et en plus sale, on t’oubliera. Si tu es petite et excellente, on viendra te voir.” Et on vient voir Gbéléban.
  3. LA VRAIE CULTURE DE L’EXCELLENCE EST CONTAGIEUSE
    Le plus fort avec Ouattara, c’est que l’excellence est devenue une contagion.
    Avant 2011, l’Ivoirien moyen disait : “L’État ne fait rien, donc moi aussi je ne fais rien.”
    Après 2011, l’Ivoirien voit un échangeur pousser en 18 mois à Abidjan. Il se dit : “Si l’État peut faire ça en 18 mois, moi aussi je peux refaire ma cour en 1 mois.”
    Il n’y a qu’à voir les jeunes entrepreneurs ivoiriens aujourd’hui à Yopougon, à Cocody, à Bouaké, pour s’en convaincre. Ils font des logos de qualité mondiale, des emballages de qualité mondiale. Pourquoi? Parce que le standard a monté, la barre est haute. Le Président a monté le standard du pays. Tu ne peux plus vendre un produit mal emballé à un Ivoirien qui, tous les jours, traverse un pont éclairé comme à Paris.
    L’excellence vient d’en haut. Toujours.
    En un mot, la culture de l’excellence d’Alassane Ouattara, c’est de refuser le complexe d’infériorité que l’on a voulu coller à l’Afrique. Il ne dit pas “on va faire à l’africaine”. Il dit “on va faire à l’ivoirienne, et l’ivoirienne sera la référence.”
    C’est pour ça qu’il est dur. C’est pour ça qu’il est exigeant. C’est pour ça que certains le trouvent froid.
    Parce que l’excellence est froide. Elle ne fait pas de cadeau. Elle demande des comptes. Mais elle rend fiers. Et aujourd’hui, quand un Ivoirien sort d’Abidjan et arrive à Dakar ou à Lomé, il est fier. Il dit “chez nous, c’est mieux”. Çà, il y a 15 ans, personne ne pourrait le dire.
    Cette fierté, c’est le dividende de l’excellence.