Le gouvernement ivoirien a dévoilé ce mardi 1er septembre 2026 le prix de vente du cacao pour la nouvelle campagne nationale. Fixé à 1 200 FCFA le kilogramme, ce tarif s’inscrit dans une volonté de stabiliser les revenus des producteurs après plusieurs saisons de turbulences sur le marché mondial.
Pour comprendre l’importance de cette annonce, il faut jeter un regard en arrière. L’année 2024 et la majeure partie de 2025 resteront gravées dans l’histoire de la filière comme une période de paradoxes. Portés par des pénuries de récoltes dues à des conditions climatiques extrêmes, les cours mondiaux du cacao avaient atteint des sommets vertigineux en Bourse. Cette flambée historique avait permis aux autorités ivoiriennes d’octroyer aux paysans un prix d’achat record de 2 800 FCFA lors de la campagne intermédiaire de 2025. Une bouffée d’oxygène inédite pour des millions de familles vivant de l’or brun.
Cependant, le marché des matières premières reste imprévisible. Face au retour progressif de la production et à la baisse de la demande industrielle, les cours internationaux ont entamé une correction à la baisse tout au long de l’année 2026.
Dans ce contexte de reflux des prix mondiaux, la fixation du tarif à 1 200 FCFA pour la campagne 2026-2027 représente un effort de stabilisation de la part de l’État. Pour garantir que le cacao continue de rapporter aux planteurs malgré la conjoncture, le Conseil du Café-Cacao et le gouvernement déploient plusieurs mesures structurelles :
Le système de commercialisation stabilisé : La Côte d’Ivoire maintient son mécanisme de ventes par anticipation. Ce système permet de vendre la récolte des mois à l’avance afin de garantir au paysan un prix minimum fixe, le protégeant des fluctuations brutales du marché boursier au jour le jour.

Le Différentiel de Revenu Décent (DRD) : Ce mécanisme, mis en place conjointement avec le Ghana, applique toujours une prime de 400 dollars par tonne sur les contrats de vente pour soutenir directement le pouvoir d’achat des producteurs.
La lutte contre le trafic transfrontalier : Pour éviter que les fèves ne soient vendues illégalement dans les pays voisins, la surveillance aux frontières est renforcée afin de sécuriser l’achat du cacao sur le territoire ivoirien.
L’enjeu pour cette nouvelle saison est clair : réussir la transition après l’euphorie des prix records, tout en s’assurant que la cacaoculture reste un métier rentable et attractif pour la nouvelle génération de producteurs.
Soro Fougnigue Zakaria
Analyste politique
