CÔTE D’IVOIRE : NASSÉNÉBA TOURÉ RÉUSSIT LE PARI DE LA PRÉVENTION FAMILIALE

Entre 2021 et 2025, le ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant (MFFE) a massivement intensifié ses formations aux compétences de vie familiale. Une stratégie préventive d’envergure, portée par la ministre Nassénéba Touré, qui s’impose comme un investissement majeur dans la stabilité sociale et le capital humain du pays.

Les chiffres témoignent d’une véritable montée en puissance sur le terrain. Alors qu’en 2021, 8 450 familles avaient bénéficié de formations aux compétences de vie familiale, le bilan cumulé entre 2021 et 2025 explose pour atteindre plus de 31 500 foyers outillés.

Derrière cette trajectoire ascendante se cache un choix politique fort impulsé par la ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, Nassénéba Touré, en poste depuis avril 2021 : substituer à la gestion de crise une politique résolument préventive. L’objectif est clair : donner aux ménages des outils concrets pour anticiper les difficultés, mieux dialoguer et créer un environnement stable avant que les ruptures familiales ne surviennent.

Quatre piliers pour fortifier les foyers ivoiriens

Sur le terrain, les modules dispensés par le MFFE s’attaquent aux racines des tensions domestiques à travers quatre thématiques stratégiques et interconnectées :

-La communication constructive dans le couple : Pour apprendre à gérer sainement les conflits et désamorcer les crises par le dialogue.
-La gestion du budget familial : Pour aider les ménages à planifier leurs dépenses, anticiper les fins de mois difficiles et réduire le stress financier.
-La planification familiale : Pour permettre aux couples de prendre des décisions éclairées pour l’équilibre et l’avenir de leur foyer.
-Les responsabilités parentales : Pour promouvoir une éducation positive et offrir un cadre protecteur aux enfants.

« Former les familles, c’est investir dans leur stabilité, leur résilience et dans la protection des enfants », résume l’esprit de cette réforme.
En agissant simultanément sur ces leviers, l’État ivoirien ne se contente pas de diffuser de la théorie ; il renforce la résistance psychologique et matérielle des communautés face aux aléas du quotidien.

Une approche validée par les standards internationaux

Cette orientation ivoirienne s’aligne parfaitement sur les dynamiques mondiales les plus performantes. À l’échelle du continent, des programmes similaires de développement des compétences parentales, comme « Parenting for Lifelong Health » — déployés dans huit pays africains (dont l’Afrique du Sud, le Botswana et la Tanzanie) — ont démontré des résultats spectaculaires, dont une baisse de 65 % des scores de violence physique au sein des ménages. De l’Iran au Cambodge, les dispositifs comme « Strong Families » prouvent également que les gains les plus nets sont toujours observés au sein des structures familiales qui affichaient le plus de vulnérabilités au départ.

En intégrant ces pratiques, la Côte d’Ivoire valide un modèle universel : la cohésion sociale à long terme commence sur le pas de la porte de chaque maison.

Un ancrage durable dans la politique gouvernementale

Loin d’être une initiative isolée, ce programme s’inscrit au cœur des missions prioritaires du MFFE : la promotion de la famille, l’autonomisation des femmes et la protection de l’enfance. Il s’aligne rigoureusement sur le Plan National de Développement (PND) et porte la vision sociétale du gouvernement du président Alassane Ouattara.

Ces sessions viennent ainsi compléter d’autres leviers du ministère, à l’image des Institutions de formation et d’éducation féminine (IFEF) et des réseaux de protection des mineurs vulnérables. Preuve de la centralité de cette politique : l’exécutif a maintenu et amplifié ces actions malgré les défis budgétaires, et le renforcement de ces enveloppes lors de la présentation du budget 2026 du ministère confirme la pérennisation de cette priorité nationale.

Consolider l’avenir : les trois axes de performance

Pour transformer cet acquis de 31 500 familles en un impact intergénérationnel, les analyses des dynamiques internationales suggèrent de consolider les efforts autour de trois axes stratégiques déjà amorcés par le MFFE :

1- La professionnalisation des acteurs : Garantir une formation rigoureuse et continue des animateurs de terrain.

2 – La mesure d’impact en continu : Déployer des outils simples d’évaluation (avant/après) pour ajuster les modules aux réalités locales.

3- L’intégration institutionnelle : Inscrire progressivement ces compétences dans l’offre permanente des services de base du MFFE (centres sociaux, structures de la petite enfance) pour assurer une continuité totale au-delà des sessions ponctuelles.

En positionnant la famille comme le premier rempart contre la précarité et l’instabilité, la Côte d’Ivoire s’impose durablement comme un leader sous-régional de l’innovation sociale par le bas. Un choix stratégique qui montre que le gouvernement n’investit pas seulement dans le présent des foyers, mais dessine activement l’avenir des générations futures.

Soro Fougnigue Zakaria
Analyste politique