Abidjan – La guerre du mobile money en Côte d’Ivoire vient d’entrer dans une zone de turbulences inédite. Alors que la BCEAO déploie à marche forcée son système de paiement instantané interbancaire (PI-SPI) pour interconnecter enfin Orange Money, MTN MoMo, Moov et les banques, un acteur majeur fait de la résistance : Wave
Pourtant, avec une base d’utilisateurs dépassant les 21 millions de personnes, l’application bleue a conquis le cœur des Ivoiriens en cassant les frais de transfert et en bousculant les habitudes. Mais aujourd’hui, ce modèle se heurte à un dilemme stratégique majeur : l’interopérabilité totale.
Pourquoi ce mutisme? Selon nos informations, intégrer le PI-SPI, qui promet des transactions fluides et souvent gratuites entre tous les opérateurs de la zone UEMOA, reviendrait pour Wave à ouvrir grand les vannes de son marché captif à la concurrence, risquant de saper sa propre rentabilité. La question qui fâche : pourquoi un client continuerait-il de payer un transfert via Wave si le même service est quasi gratuit et instantané via le switch régional ?
Conséquence directe : sans la participation pleine et entière de Wave, la grande promesse d’inclusion financière et de fluidité de la BCEAO reste un vœu pieux. Entre pression réglementaire et calculs économiques, l’opérateur joue gros.

Mais dans cette bataille de titans, c’est le peuple ivoirien, d’Abidjan à Odienné, qui continue de payer les frais de cette guerre des tranchées numériques, coincé entre des applications qui ne se parlent pas.
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