On en veut à Mamadou Touré (MT), ministre ivoirien et cadre influent du Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), principalement en raison de son rôle central sur l’échiquier politique national.
Depuis un certain temps, les titres des journaux font état d’attaques dont le ministre de la jeunesse serait l’objet.
En effet, il y a 3 raisons qu’il faudrait séparer : les critiques de l’opposition, les critiques de la jeunesse, et les critiques internes même au RHDP.
D’abord, il y a son style qualifié de trop direct et trop politique pour un ministre de la jeunesse.
M.T. n’est pas un ministre technocrate qui reste cloîtré dans son bureau. En tant qu’ancien débatteur de la fameuse Sorbonne du Plateau, il a gardé les traces du bagout.
En outre, étant le porte-parole adjoint du RHDP, il a gardé le ton du porte-parole. À cet effet, quand il répond à l’opposition, il répond cash, sans filtre. Et quand il défend le bilan du Président Ouattara, il attaque fort.
Par conséquent, l’opposition ne le voit plus comme “le ministre de tous les jeunes” mais comme “le ministre du RHDP chargé de la jeunesse”. Donc chaque sortie politique devient une polémique nationale.
À ce titre, il divise au lieu de rassembler la jeunesse”.
Ensuite, il y a le fossé entre les annonces et le vécu des jeunes car le ministère annonce des milliards par le biais, notamment, du Programme Jeunesse du Gouvernement (PJ-Gouv) : 1 118 milliards FCFA en 2023-2025 de l’Agence Emploi Jeunes (AEJ), financements de projets, permis, formations mais, sur le terrain, beaucoup de jeunes disent qu’ils entendent parler des milliards à la télé, mais qu’ils ne les voient pas dans leurs quartiers, et que le processus est trop compliqué, trop politisé, ou capté par les mêmes.
Alors, à tort ou à raison, qu’il y ait de vrais résultats ou non, le sentiment qui s’installe chez une partie de la jeunesse, c’est : “C’est pour les jeunes du RHDP”.
C’est d’ailleurs le reproche le plus dur pour un ministre de la Jeunesse, être accusé de clientélisme.
Son ministère à beau répondre par des chiffres : nombre de jeunes financés, formés, insérés. Mais la bataille de la perception est perdue chez une partie de l’opinion.
Enfin, de par son ascension fulgurante, il est devenu une cible symbolique
En Côte d’Ivoire et, généralement, en Afrique, quand on est jeune et proche du Président de la République et qu’on monte vite, on est très exposé médiatiquement, on devient automatiquement une cible.
M.T. coche toutes les cases :

Ambitieux
Ainsi, d’un côté comme de l’autre. Pour l’opposition, l’attaquer, c’est attaquer la relève du RHDP.
Pour certains au sein même du pouvoir, sa visibilité dérange.
Ainsi, on ne lui en veut pas pour une grosse affaire judiciaire ou un scandale. L’opposition lui en veut parce qu’il incarne le système RHDP qui promet beaucoup aux jeunes et qui donne à ses militants d’abord.
Pour ses amis, il incarne le ministre qui travaille mais qu’on attaque parce qu’il est efficace et qu’il défend le Président sans peur.
C’est pour cela que chaque fois qu’il intervient publiquement, ça fait du buzz. Il n’est jamais neutre.
Jeune (par rapport aux vieux cadres)
Fidèle parmi les fidèles d’Alassane Ouattara
Très présent sur les réseaux sociaux
Oussou Kouamé Rémi
Enseignant-chercheur à l’Université Alassane Ouattara-Bouaké
Expert en développement professionnel
Expert analyste sociopolitique et économique
