Dans la région du Tchologo, l’Hôpital général de Ferkessédougou dispose depuis 2022 d’un pavillon pédiatrique dédié. Cette infrastructure marque une avancée concrète dans la politique visant à rapprocher les soins spécialisés des populations, en particulier des enfants.
Un plateau technique qui change la donne
Avant cette réalisation, le manque d’équipements et de personnel obligait régulièrement des familles à se rendre jusqu’à Bouaké, voire Abidjan, pour des soins pédiatriques. Le Dr N’da Kouamé, directeur de l’établissement, l’a reconnu : le plateau technique était trop limité pour répondre pleinement aux besoins locaux.
Aujourd’hui, le nouveau pavillon offre deux salles de consultation, une salle de soins réservée aux urgences et un bâtiment d’hospitalisation. Les enfants peuvent être pris en charge sur place dans un cadre adapté. Pour les parents, le changement est tangible. Mariam Ouattara, mère de famille, exprime un soulagement partagé : savoir qu’un médecin spécialisé s’occupe des enfants rassure.
Une dynamique nationale de renforcement des infrastructures
Cette réalisation locale s’inscrit dans un effort plus large engagé depuis 2011. Le Bilan 2011-2025 du Gouvernement met en évidence une modernisation significative du système de santé. Plus de 1 100 établissements sanitaires de premier contact ont été construits et des centaines d’autres réhabilités. Plusieurs centres hospitaliers régionaux et hôpitaux généraux ont été livrés ou modernisés à travers le pays.
Le parc d’équipements lourds s’est considérablement densifié : le nombre de scanners est passé de 1 à 21, celui des IRM de 0 à 11, et les centres d’hémodialyse de 3 à 18. Le personnel soignant a également été renforcé, avec une forte progression du nombre de médecins, d’infirmiers et de sages-femmes.

Des indicateurs qui confirment les progrès
Les résultats se mesurent dans les chiffres. Le taux de mortalité infanto-juvénile est passé de 108 décès pour 1 000 naissances vivantes en 2011 à 74 en 2025, soit une baisse de 31,5 %. La mortalité maternelle a quant à elle reculé de 614 à 385 décès pour 100 000 naissances. L’espérance de vie à la naissance a progressé de près de six ans et demi, passant de 55,97 à 62,28 ans.
La Couverture maladie universelle (CMU) constitue un autre levier important. En 2025, plus de 20 millions de personnes étaient enrôlées, élargissant l’accès financier aux soins. Des mesures ciblées en faveur de la mère et de l’enfant, associées à l’extension de la vaccination – y compris l’introduction du vaccin antipaludique – contribuent à ces avancées.
Une politique de proximité qui porte ses fruits
Le pavillon pédiatrique de Ferkessédougou, mis en service en 2022, illustre cette logique de proximité. Il évite aux familles des trajets longs et coûteux tout en soulageant les grands centres hospitaliers. L’analyse des données officielles montre une cohérence : la combinaison d’infrastructures nouvelles, de ressources humaines accrues et d’un mécanisme de couverture santé produit des gains tangibles.
La baisse de plus de 30 % de la mortalité infanto-juvénile en quinze ans en constitue l’illustration la plus claire. Si des défis subsistent pour atteindre les objectifs encore plus ambitieux fixés à l’horizon 2030, les progrès documentés démontrent que les efforts engagés améliorent concrètement l’accès aux soins pour les enfants et leurs familles, y compris dans les régions éloignées d’Abidjan.
Soro Fougnigue Zakaria
Analyste politique
