FAOJ 4,3 Milliards : Quelle opportunité pour le Ministère de la Culture et de la Francophonie ?

C’est une fenêtre qui tombe à pic. Sur les 17 secteurs éligibles au FAOJ, 3 sont directement dans le cœur de métier du Ministère de la Culture : Culture, Francophonie/Éducation citoyenne, et Cohésion sociale.
Or le Ministère de la Culture a un budget d’animation culturelle très limité en région. Le FAOJ vient comme un bras financier externe.

  1. Le FAOJ finance exactement ce que le Ministère peine à financer
    Le décret FAOJ liste comme activités financées :
  • Arts et culture : musique, danse, théâtre, slam, humour, cinéma jeune
  • Promotion de la Francophonie : concours dictée, joutes oratoires, clubs RFI/Francophonie
  • Patrimoine et identité : valorisation masques, traditions, contes du Denguélé/Kabadougou
    Aujourd’hui, une troupe de jeunes d’Odienné ou de Gbéléban qui veut monter une pièce sur la paix ou un festival de conte n’a aucun guichet. Avec le FAOJ, elle peut demander 5 à 20 millions FCFA sans passer par le budget culture.
  1. Les 3 opportunités stratégiques pour le Ministère

A – Déléguer l’animation culturelle aux jeunes eux-mêmes
Au lieu de financer 1 grand festival à Abidjan, le Ministère peut co-parrainer les projets FAOJ culture en région. Exemple :

  • Festival des Masques et Danses du Kabadougou porté par l’UJBG
  • Concours National de Slam Francophone Jeune
  • Résidences d’écriture pour jeunes auteurs ivoiriens en partenariat avec l’OIF
    Le Ministère apporte le label et l’expertise, le FAOJ apporte l’argent. C’est le principe de co-financement.

B – Réconcilier Jeunesse et Francophonie
La Francophonie est perçue comme élitiste. Avec le FAOJ, on peut la rendre populaire :

  • Créer 50 Clubs Francophonie FAOJ dans les maisons de jeunes : dictée, débat, Scrabble francophone.
  • Financer des podcasts jeunes en français : “Parlons Français de Gbéléban”
  • Chaque club reçoit 2 millions FCFA via FAOJ, le Ministère fournit les livres et les formateurs.

C – La donnée culturelle jeunesse
Le FAOJ exige redevabilité et performance. Toutes les associations financées en culture devront fournir rapports, photos, vidéos. C’est pour le Ministère une base de données inédite : qui fait quoi, où, avec quel impact. Ça permet de cartographier la vitalité culturelle réelle du pays.

  1. Risque à éviter

Si le Ministère ne se positionne pas vite, les jeunes culture iront déposer des dossiers “culture” sans aucune validation culturelle, avec des projets de faible qualité. Il faut que le Ministère de la Culture signe une convention avec le Ministère Jeunesse pour être membre du comité de sélection volet Culture du FAOJ.

Recommandation opérationnelle

Proposer au Ministre de la Culture :

  1. Circulaire à toutes les Directions Régionales de la Culture : recenser les troupes jeunes et les aider à monter dossiers FAOJ avant le 5 novembre.
  2. Créer un Label “Projet Culturel Jeune Francophone – MCFAOJ” qui bonifie le dossier FAOJ de 20% à l’évaluation.
    C’est le meilleur moyen de faire du FAOJ un outil de politique culturelle décentralisée sans dépenser le budget du Ministère.