La lutte contre l’orpaillage clandestin en Côte d’Ivoire, un combat qui se gagnera avec la méthode de Sita Ouattara

Lorsqu’on voit l’ampleur de plus en plus grande que le phénomène de l’orpaillage clandestin, on se demande bien si les mesures, même les plus drastiques, ne sont pas vouées à l’échec.
Pour autant, la réponse est non, ce n’est pas un combat perdu d’avance — mais c’est devenu le combat le plus complexe de l’Etat actuellement. Et les chiffres d’hier le montrent.

Pourquoi on a l’impression que c’est perdu :- 29 régions sur 31 touchées en 2026. Ce n’est plus un problème du Nord, c’est un problème national.- Recolonisation : on détruit, ils reviennent la nuit. La Brigade spéciale sur le Sassandra note que les orpailleurs passent désormais en mode nocturne pour échapper aux contrôles.- Chaîne internationale : 65% des 4 474 déférés depuis 2021 sont étrangers. Il y a des financiers, des receleurs, pas que des jeunes avec une pelle.- Dégâts irréversibles : mercure, cyanure, sols cacao décapés, forêts classées comme Mont Kourabahi éventrées.

Alors, pourquoi ce n’est PAS perdu : l’Etat vient de changer de doctrine le 17 septembreLe Conseil National de Sécurité présidé par le Président Ouattara a pris les mesures les plus dures depuis 2021 : 1. 21 Pelotons de Sécurité Fluviale pour surveiller en permanence les 4 grands fleuves et leurs affluents2. 20 ans ferme pour les complices dans l’administration — nouveau projet de loi Code pénal du 23 septembre3. Moratoire de 6 mois depuis le 18 septembre sur toute nouvelle autorisation semi-industrielle/artisanale4. La complicité financière devient infraction autonome — on frappe les commanditaires, pas seulement le jeune sur le site.

Bilan terrain, juste cette année :Du 1er janvier au 31 juillet 2026 : 953 opérations, 1 114 sites déguerpis, 1 531 interpellés, 16 200 abris détruits. Hier encore, 5 octobre, 14 dragues et 37 abris détruits sur le Fleuve Sassandra. Toutefois, pour gagner, il faut passer de la répression à la méthode Sita Ouattara :La répression seule fait fuir les orpailleurs d’un fleuve à l’autre. Ce qui marche à Gbéléban, c’est l’alternative économique : FAFCI pour les femmes, routes, écoles. Les préfets du Bafing l’ont compris — ils passent maintenant à la phase “signalement villageois + entrepreneuriat”.Donc non, combat pas perdu. Mais ce combat qui ne se gagnera pas avec des bulldozers seulement. Il se gagnera avec des maires comme Sita Ouattara qui donnent du travail avant que le jeune n’aille sur le site.