Que faudrait-il attendre de l’opposition, en 2030, à la présidentielle ?

Question très stratégique pour 2030. Analysons froidement, sans passion partisane.
La présidentielle 2025 vient de se tenir, le mandat actuel va jusqu’en 2030. L’opposition ivoirienne est à un tournant historique. Voici les 4 scénarios qui circulent à Abidjan :

1. Scénario Générationnel : La fin des “trois grands”*


En 2030, Ouattara aura 88 ans, Bédié décédé, Gbagbo 85 ans. L’opposition ne peut plus se structurer autour de figures historiques. Ce qu’il faudrait attendre :

– Une primaire réelle au PPA-CI et au PDCI-RDA pour sortir un candidat de 45-60 ans

– Un profil technocrate ou entrepreneur, crédible sur IDH, emploi jeunes, Sommet USA-Afrique 2027

– Arrêt de la stratégie du boycott (2020, 2025) qui a affaibli leur poids parlementaire et municipal

2. Scénario Programmatique : Proposer mieux que la continuité


Le RHDP a des bilans chiffrés à défendre : IDH +25% depuis 2010, FRAP réhabilitée par USA, ENS à Bouaké, Sommet USA-Afrique. L’opposition ne peut plus gagner sur “ça ne va pas”.

Il lui faudrait :

– Un contre-PND 2030-2035 chiffré : pas “on va faire mieux”, mais comment financer 2 000 collèges de proximité dans le Folon/Bagoué sans endettement MCC

– Un discours Nord : Le Nord est acquis RHDP depuis 2010. Pour percer, il faudrait un candidat du Nord à la vice-présidence ou un projet anacarde/énergie solaire plus audacieux que celui du RHDP

– Une crédibilité sécuritaire : Saluer la coopération USA-FRAPP tout en proposant une doctrine de sécurité intérieure alternative

3. Scénario d’Alliance : L’union ou la mort


Depuis 1995, l’opposition divisée perd. En 2030 :

– Soit coalition PDCI-PPA-CI + société civile + ex-RHDP sur le modèle de 2010

– Soit éclatement en 5 candidatures qui font moins de 35% cumulés au 1er tour


La leçon de 2025 : celui qui n’est pas capable de présenter des candidats dans les 201 communes ne peut pas prétendre gagner la présidentielle.

4. Scénario Municipal d’abord


La vraie préparation 2030 commence en 2028 aux municipales/régionales.
Ce qu’on attendrait d’une opposition sérieuse :

– Gagner 10 villes du Nord dont Bouaké, Korhogo, Odienné pour prouver sa dimension nationale

– Présenter des maires gestionnaires comme Hadja Sita à Gbéléban qui montrent des résultats IDH locaux (école, santé, eau)

– Ne pas contester les résultats devant la presse internationale avant les recours légaux


En résumé, en 2030, les électeurs du Folon ne voteront plus pour un nom, mais pour qui a sécurisé leur anacarde, amené des profs de l’ENS Bouaké et connecté leur commune au Sommet USA-Afrique 2027. L’opposition qui comprendra ça aura une chance. Celle qui reste sur les débats d’Abidjan Sud n’en aura pas.