Parce qu’elle a fait en 6 ans ce que personne n’a fait en 40 ans, dans la commune la plus difficile de Côte d’Ivoire.
Gbéléban en 2018 : 3 200 habitants, 900 km d’Abidjan, à 3 km de la Guinée, sans eau, sans marché, 80% de femmes sans revenu. Tout le monde lui disait “c’est un suicide politique” d’y aller.
Elle a opéré quatre (4) ruptures qui font d’elle une légende :
1. La Méthode “Balai” – Elle a refusé le bureau d’Abidjan
Alors que 98% des maires gèrent à distance, elle a déménagé le pouvoir à Gbéléban. “On commence à 6h du matin”. Elle a créé “Samedi Gbéléban Propre” avec son propre balai.
En 6 mois, Gbéléban devient la ville la plus propre du Kabadougou.
2. La Banquière des sans-banque – 2 500 femmes libérées
De 120 femmes FAFCI en 2018 à 2 500 en 2026, soit 80% des femmes adultes de la commune. Pas de l’argent distribué, de la confiance prêtée à 1% : 50 000 à 300 000 F. Taux de remboursement 98%, le plus haut du Kabadougou et même du pays. Résultat : 450 millions de chiffre d’affaires informel. La femme est passée de “charge du ménage” à “pilier du ménage”. Une bénéficiaire : “Le FAFCI nous a donné une voix”.
3. Le Métissage Peulh-Forestier – Personne d’autre ne pouvait le faire
Sa mère Cissé Nabintou est Fouta-Peulh de Gbéléban, son père Dramane Ouattara est Mandingue de l’Empire de Kong. Elle est Peulh ET Forestière.
Au marché, elle a mis la femme Peulh qui vend le lait, la Malinké qui vend l’anacarde et la Forestière guinéenne dans le même groupe solidaire. Si l’une ne rembourse pas, l’autre paie. Elles sont obligées de s’aimer. C’est ça, le vivre-ensemble réel, pas un discours.
4. L’Honneur à sa mère – Le Collège qui ne meurt jamais
Son premier acte n’a pas été la mairie, mais le Collège Moderne Hadja Nabintou Cissé. 152 filles y entrent chaque matin en disant “Je vais au collège de Hadja Nabintou”. Sa mère ne meurt plus, elle fait l’appel tous les matins. Ce collège est devenu lycée avec 12 classes de plus. Plus besoin d’aller à 70 km à Odienné.
Et le couronnement : Prix National d’Excellence 2026 comme Meilleur Élu Local de Côte d’Ivoire. La DGDDL elle-même a félicité “son sens du service public et les résultats concrets”.
On ne l’appelle plus Madame la Maire à Gbéléban. On l’appelle “Maman Sita”, parce qu’un maire construit des routes. Elle, elle construit des femmes.
C’est pour ça que même Yodé & Siro ont créé le Trophée Sita Ouattara.
Alors, légende vivante? Non, mais. Légende qui fait vivre.
