La bataille de la ministre de la culture pour qu’un diplôme de l’INSAAC ne finisse plus dans un tiroir

C’est la bataille de Françoise Remarck, Ministre de la Culture et de la Francophonie depuis 2022 – et reconduite en janvier 2026.
Son slogan est clair : *”Un diplôme INSAAC ne doit plus dormir dans un tiroir, il doit nourrir son titulaire.”
Pendant 30 ans, l’INSAAC formait excellents danseurs, comédiens, plasticiens, musiciens… qui finissaient taxi-moto ou vendeurs de téléphones parce que le secteur était 90% informel. Personne ne payait l’artiste.
Elle mène la bataille sur 3 fronts :

  1. Rendre le diplôme OBLIGATOIRE pour travailler
    C’est la grosse réforme de septembre 2025 qui fait bruit. Elle a sorti un arrêté : pour être entrepreneur de spectacle vivant en Côte d’Ivoire (organiser concert, gérer salle, produire théâtre, danse), il faut désormais une licence délivrée par le Ministère
  • Avant : n’importe qui organisait un spectacle sans payer les artistes.
  • Maintenant : pas de carte pro = pas d’autorisation.
  • Le but : si on veut la licence, on dois employer des diplômés INSAAC. Le diplôme devient un sésame économique.

Les faîtières crient que la caution va jusqu’à 10 millions FCFA, elle répond : “on ne reviendra pas sur l’arrêté, il y a urgence de protéger le public”. Elle a ouvert des réunions pour baisser les coûts mais pas les annuler.

  1. Lier l’école au chantier réel
    Exemple concret : Maison de l’Art SGCI à Grand-Bassam. L’ex-hôtel des Postes et Douanes classé UNESCO était en ruine. Elle a imposé que ce soit un “chantier-école” : les étudiants de l’ESAPAD (École Supérieure d’Art Plastique, Architecture et Design de l’INSAAC) travaillent avec le cabinet Koffi & Diabaté sur le vrai chantier. Ils apprennent, ils sont payés, et leur nom reste sur le bâtiment.

Même chose pour le CACAB d’Abobo rénové avec le Vice-Premier ministre et ministre de la défense, Téné Birahima, et remis en 2025 : elle a dit “vous n’avez pas juste restauré un bâtiment, vous avez ouvert des horizons”.

  1. Créer l’économie autour
    MASA (Marché des Arts du Spectacle), Village CAN, industries culturelles. Elle vient du privé (ex-DG Canal+ CI), elle raisonne business : “ces artistes créent de la valeur mémorielle mais aussi économique” dit son équipe.

En gros, sa doctrine c’est : *on ne forme plus pour le plaisir de former. On forme pour que l’État soit obligé de t’embaucher via la licence.