La Côte d’Ivoire signataire des accords Artémis : quelle importance et quels enjeux ?

La Côte d’Ivoire a signé le 24 septembre 2026 à Abidjan*, pendant l’Africa Space Expo au Parc des Expos. Elle devient le 75e pays signataire et le 9e pays africain [Sénégal, Rwanda, Angola, Nigeria…] après le Sénégal et le Maroc.

Signature faite par Adama Diawara, Ministre de l’Enseignement Supérieur et de le recherche scientifique, en présence du chargé d’affaires US, Junaid Munir, et du DG de l’Agence Spatiale Ivoirienne, Tidiane Ouattara.

C’est quoi les Accords Artémis?
Ce n’est pas un club pour envoyer un Ivoirien sur la Lune demain. C’est le cadre juridique créé en 2020 par la NASA et le Département d’État US pour le retour sur la Lune.

Principes :

  • exploration pacifique et transparente
  • assistance aux astronautes en détresse
  • partage des données scientifiques
  • non-interférence entre missions, protection des sites historiques lunaires.

Importance et enjeux pour la Côte d’Ivoire

  1. Enjeu souveraineté / données
    La NASA coopère avec la Côte d’Ivoire depuis 2019 sur l’observation de la Terre et la géodésie. L’ASCI (Agence Spatiale créée en 2025) gère déjà la météo spatiale, navigation par satellite, communications.
    Concrètement : avec Artémis, Abidjan accède aux données satellites US à haute résolution gratuitement. Ça veut dire :
  2. Enjeu sécuritaire
  • sécurisation frontières nord (Folon/Kabadougou) contre infiltration
  • suivi agricole cacao/anacarde, orpaillage clandestin
  • gestion FAFCI : cartographier où sont les femmes productrices
  1. Enjeu économique
    Le marché spatial est évalué à 24 milliards $ en Afrique, les US ont promis d’aider à mobiliser les investissements à l’ASPEX. La condition NASA : on ne participe pas au programme Artémis si on n’a pas signé.
    Donc signature = ticket d’entrée pour que less startups, les ingénieurs INP-HB, INSAAC numérique, puissent candidater aux marchés NASA, SpaceX, etc.
  2. Enjeu diplomatique – le plus important
    La Côte d’Ivoire joue fin : 9e pays africain, mais siège de l’ASPEX, DG de l’Agence spatiale ivoirienne est aussi Président du Conseil de l’Agence Spatiale Africaine. Abidjan veut être le hub spatial ouest-africain, comme elle est le hub aéroportuaire.
    C’est la même logique que Sita et Téné Birahima : “Le développement local est une affaire de courage, pas de discours”. Pendant que d’autres discutent, la Côte d’Ivoire prend position dans la future gouvernance de la Lune. Dans 10 ou 20 ans, quand il faudra partager les ressources lunaires, elle aura voix au chapitre.
    En une phrase, on peut dire que “hier, on sécurisait Gbéléban avec 7 km de bitume. Aujourd’hui on sécurise la Côte d’Ivoire depuis l’espace. Avec Artémis, la Côte d’Ivoire ne regarde plus la Lune, elle y siège.”