Comment Hadja Sita Ouattara a honoré sa mère Cissé Nabintou

Elle l’a honorée comme une fille malinké honore sa maman : pas avec des fleurs le jour de l’enterrement, mais avec une école qui portera son nom pour 100 ans.


Pour Hadja Sita Ouattara, Cissé Nabintou n’est pas seulement sa mère. C’est sa première institutrice. Celle qui lui a appris à compter avec des cailloux à la maison, quand les filles n’allaient pas à l’école.
Alors quand elle est devenue Maire de Gbéléban en 2018, son premier acte symbolique fort n’a pas été la mairie. C’était :

  1. Le Collège Moderne Hadja Nabintou Cissé
    Elle a refusé qu’on l’appelle “Collège Moderne de Gbéléban”. Elle a écrit au Ministère : “Je voudrais qu’il porte le nom de ma mère. Pour que chaque fille qui entre ici sache qu’une femme de Gbéléban peut donner naissance à des maires.”
    Aujourd’hui, 152 filles y sont scolarisées. Chaque matin, elles disent : “Je vais au collège de Hadja Nabintou”.
    Ainsi sa mère ne meurt plus. Elle fait l’appel tous les matins.
  2. La transmission de la valeur “travail”
    Dans l’oraison de sa famille, ils disaient de Cissé Nabintou : “Infatigable et dynamique, on t’a toujours vue travailler avec ardeur. Telle était ta conception de la vie.”
    Sita a repris exactement ça. Elle ne distribue pas l’argent. Elle distribue du travail :
  • FAFCI pour travailler
  • Kits scolaires pour travailler à l’école
  • CFT pour travailler avec un métier
    C’est l’héritage de sa mère : le travail comme prière.
  1. Le jardin et le pain sucré
    Est-ce qu’on sait ce qui manque le plus à Sita Ouattara ? Ce que disaient les petits-enfants de Hadja Nabintou dans leur témoignage : _”Tes appels pour venir prendre des avocats de ton jardin et le pain sucré que tu aimais tant.”
    C’est pour ça qu’à chaque cérémonie de remise de kits, Sita ajoute toujours un sachet de pain sucré pour les mamans. Les gens ne comprennent pas. C’est son hommage privé à sa mère.
    En un mot, les autres honorent leur mère avec un mausolée où on va pleurer une fois par an.
    Tel n’est pas le cas de Sita Ouattara. Elle a honoré Cissé Nabintou avec un collège où on entend des filles rire 200 jours par an.